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L’Etat est préoccupé par la flambée vertigineuse du prix de la viande. Pour l’approvisionnement correct du marché en viande et l’accessibilité de son prix aux populations, le ministre de l’Elevage et de la Pêche a rencontré hier dans les locaux de son département l’Apcam et les représentants des organisations professionnelles du sous-secteur de la viande.

Denrée de grande consommation dans notre pays, la viande coupe aujourd’hui le sommeil à des milliers de chefs de famille à cause de son prix élevé sur le marché. Le kilo de la viande avec os est cédé à 1500 F CFA et celui de la viande sans os à 1800 F CFA. Ce n’est donc pas fortuit que la question occupe le devant de la scène dans le concert général de la flambée des prix. Pourtant, ce n’est pas le bétail qui manque dans un pays à vocation agropastorale.

L’Assemblée permanente des chambres d’Agriculture du Mali (Apcam) et les éleveurs, acteurs de la filière, comptent beaucoup pour avoir une viande abordable sur le marché. C’est pourquoi, la ministre de l’Elevage et de la Pêche a décidé de prendre le taureau par les cornes en les invitant à prendre langue avec elle.
L’objectif était de discuter sur « l’évolution de la situation alimentaire » du cheptel en général et particulièrement de l’offre en tourteau et mélasse.

Mme Diallo Madeleine Ba, a d’abord souligné les actions entreprises par son département pour contrecarrer les problèmes prévisibles d’approvisionnement en sous-produits agro-industriels, spécifiquement le tourteau de coton et de mélasse. A l’en croire, dans ce cadre, des campagnes de sensibilisation et d’information ont été menées afin d’imprégner les éleveurs de « l’usage rationnel de l’aliment bétail et du tourteau de coton ».

En amont

Cependant, les difficultés persistent, et le ministère de l’Elevage et de la Pêche, pour les atténuer, a pu obtenir des réductions sur les prix des produits agro-industriels, ce qui devrait contribuer à la réduction du prix de la viande. Ainsi la tonne du tourteau qui était vendue entre 125 000 et 135 000 F CFA de même que la mélasse.

« Après plusieurs négociations, nous avons pu obtenir un prix consensuel de 105 000 F CFA la tonne de tourteau. Il reste à faire actualiser les stocks disponibles et les sites d’enlèvement. S’agissant de la mélasse, Sukala-SA s’est engagée à mettre à la disposition des éleveurs, 50 tonnes au prix de 90 000 F CFA la tonne », a indiqué Diallo Madeleine Ba. Et la ministre d’inviter ses interlocuteurs à « l’enlèvement » du reste de tourteau et de mélasse.

Le département de l’Elevage et de la Pêche, qui entend participer à la concrétisation de la sécurité alimentaire promis aux Maliens par le président de la République dans son Programme de développement économique et social (PDES), attend des organisations professionnelles du sous-secteur de l’élevage et des autres acteurs du secteur, leur contribution pour que les Maliens voient le bout du tunnel en termes d’accès à la viande.

« Je vous demanderai, à vous les responsables de la filière bétail et viande, d’agir sur les différents maillons de la production, pour produire davantage et à moindre coût, afin d’assurer l’approvisionnement des populations en viande, à un prix raisonnable », a ajouté la ministre de l’Elevage.

Gageons que ces mesures et cette invite soient suivies d’effets conséquents et que les deux parties continuent d’œuvrer ensemble pour une issue « salvatrice » à la situation, pour le grand bonheur du peuple malien.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

15 avril 2008.