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Les Jihadistes sont de retour à Kidal. Avant d’y entrer en convoi, ils ont organisé une rencontre du 22 au 23 septembre 2013 à Gharous Khayoum, à une quarantaine de km de Kidal, où tous les Commandants du leader d’Ansar Dine Iyad Ag Ghali étaient présents, selon nos informations. Iyad aurait même pris part à la rencontre, selon certaines sources.

La rencontre des quatre groupes armés signataires de l’accord de Ouaga à l’hôtel Massaley du 15 au 17 septembre 2013, a certes marqué une avancée significative dans ce sens qu’elle a permis de réunir ensemble les groupes armés nomades et sédentaires. Car à Ouagadougou le 18 juin dernier, si les groupes armés Mnla et Hcua étaient signataires de l’accord, les groupes sédentaires CM-FPR et MAA étaient des adhérents au dit accord. Mais depuis leur déclaration commune du 18 septembre 2013 marquant leur retrait du comité de suivi, les groupes armés du nord ont imprimé une marque qui compromet dangereusement la poursuite du processus de paix au Mali.

Le 18 septembre, les quatre groupes armés se sont retirés collectivement du Comité de suivi pour non application de l’accord de Ouaga. A cet effet, ils ont signé une déclaration le 26 septembre pour suspendre leur participation à toute négociation. A cette même date, dans un message de Bilal Ag Achérif au peuple de l’Azawad, il accuse le Mali. Plus grave que cette déclaration, les dimanche 22 et lundi 23 septembre, a eu lieu à Gharous Khayoum, à une quarantaine de km de Kidal une importante rencontre où tous les Commandants de Iyad Ag Ghali étaient présents : Ibrahim Ag Inawelan dit Ibrahim Dina (celui qui a organisé la lapidation d’un couple à Aguel Hoc le 29 juin 2013), Commandant Ayoub Ag Assarid, Commandant Malick Wanesnat, Inawalen Ag Ahmed (qui est de la douane). Ils seraient venus à bord d’une dizaine de véhicules bourrés de combattants. On signale qu’il est possible que Iyad Ag Ghali était de la partie. Ces Commandants seraient entrés à Kidal le 25 septembre, probablement à l’insu de l’Etat malien, et avec Algabass Ag Intalla en tête du convoi. Un article de Libération.fr mettait Iyad Ag Ghali au centre des négociations. « Originaire de Kidal, chef-lieu de l’Adrar des Ifoghas, Iyad ag-Ghaly se cacherait dans sa région natale, protégé par les siens. Selon une source proche du dossier, cette figure de la galaxie touareg aurait pu récupérer la garde des otages. Au minimum, il aurait réussi à se placer au centre des tractations menées par la DGSE », selon Liberation.fr. En effet des sources indiquent la présence de Français à la rencontre de Gharous Khayoum. Etaient-ils de la DGSE ou des Forces Serval ? Nos informations ne nous permettent pas de le dire.

Le vide au nord du fait de la déliquescence de l’Etat crée les conditions d’un retour des Djihadistes purs et durs. On raconte que Iyad est dans la région. La déclaration des groupes armés, le 26 septembre amène la question de l’application de l’accord de Ouagadougou. Cet accord n’a été en fait, jamais appliqué, ni par le retour de l’administration ni par le redéploiement de l’armée malienne. Anefis est la seule localité où on note une présence de l’administration. Quant à Kidal, le gouvernorat aussi bien que la radio sont aux mains des groupes armés.

Au lieu d’appliquer l’accord de Ouaga en mettant en œuvre le redéploiement de l’administration et l’armée, l’Etat a jeté toute ses énergies dans l’organisation d’un semblant d’élection présidentielle. Conséquences, l’Etat est aujourd’hui bafoué et humilié. La situation va malheureusement en se dégradant, car à cela s’ajoute la méfiance de l’Algérie et du Polisario avec la présence du Roi du Maroc au Mali. La situation n’est pas favorable au règlement de la question au nord du pays. On retient quand même que le sommet de l’humiliation a été atteint avec la visite des trois ministres à Kidal le 15 septembre dernier.

B. Daou

Le Républicain du 30 Septembre 2013