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Les producteurs préconisent la concertation entre tous les acteurs de la filière semencière

Le Centre Aoua Kéita a abrité, le mercredi 8 avril, la remise officielle du mémorandum paysan sur les semences au ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré. Fruit de l’atelier national sur les éléments de base de la politique semencière du Mali qui s’est tenu le 28 novembre 2008, sous la responsabilité du ministère de l’Agriculture, le mémorandum paysan réaffirme la vision des organisations paysannes et en même temps propose des pistes d’orientation.

Dans son allocution, le président de l’Association des organisations paysannes, Souleymane Coulibaly, a déclaré que l’année 2006 a marqué un tournant important dans les orientations politiques des activités agro-sylvo-pastorales du Mali à travers la promulgation de la Loi d’orientation agricole (LOA) du Mali.

C’était, selon lui, après une longue concertation entre l’ensemble des acteurs du développement rural. Pour Souleymane Coulibaly, le choix de la souveraineté alimentaire passe par l’élaboration d’une politique semencière cohérente basée sur la préservation et la valorisation du patrimoine génétique national.

Au chapitre des défis, le mémorandum paysan relève que ceux-ci sont importants et divers. Mais que les organisations paysannes maliennes sont fermement décidées à maintenir la dynamique du dialogue et de la concertation qui ont prévalu lors de l’élaboration de la loi d’orientation agricole.

Les OP, au chapitre des visions et principes, croient fermement que la politique semencière doit être conçue dans la concertation avec tous les acteurs de la filière sans exclusion aucune et en même temps prendre l’essentiel des besoins et des préoccupation des différents acteurs de la filière. En outre ils pensent que l’Etat doit assumer son rôle régalien dans la mise en œuvre de la politique semencière à travers des structures décentralisées de contrôle et de certification.

Par rapport à la production des semences, le mémorandum souligne la possibilité pour les paysans de produire les semences de base avec la collaboration du système national de recherches. Pour ce faire, les OP envisagent d’organiser des concertations entre les acteurs (OP, structures de recherches, producteurs et utilisateurs de semences) pour mieux harmoniser les points de vue et les arguments.

Les finances figurent en bonne et due place parmi les pistes d’orientation en commençant par la production. Les OP pensent qu’il faut disposer de financements adaptés pour une meilleure commercialisation des semences, renforcer la capacité des acteurs de la filière pour influencer la politique semencière, celle des paysans semenciers et améliorer les techniques de conservation et de conditionnement.

Il s’agit, enfin, d’assainir le marché des semences afin de garantir aux producteurs un prix rémunérateur. Les OP se sont aussi penchées sur le problème de la tarification des semences.

EIles proposent que l’Etat assure la tarification et le contrôle crédible des semences et qu’il prenne toutes les dispositions pour la défense des intérêts nationaux dans le domaine semencier contre notamment la bio-piraterie et le brevetage du vivant.

Le ministre Tiémoko Sangaré a exprimé toute sa fierté de recevoir le mémorandum paysan

La cérémonie a pris fin par la remise s’un sachet de semences au ministre de l’agriculture.

Kassoum THERA

10 Avril 2009