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En raison de l’enjeu de la crise au septentrion, un ministère de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord a été créé et c’est à Cheick Oumar Diarrah que l’honneur avait échu pour diriger ce département. Mais, au bout du compte, le résultat obtenu tout au long de son passage est maigre, très maigre à cause de l’intransigeance de l’homme lui-même, qui est d’un commerce pas facile.

La création du ministère de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord découle de la ferme volonté politique du chef de l’État de trouver une issue définitive à la crise générale dans le pays. But initial de ce flair d’IBK était de traiter au mieux la délicate question du Nord et asseoir la base d’une réconciliation véritable.

Ainsi, il a porté son choix sur un de ses proches, Cheick Oumar Diarrah pour piloter cette nouvelle trouvaille. Ce qui fait que dans le rang gouvernemental, une place de choix lui avait été réservée. Maintenant, il fallait trouver les moyens de matérialiser les ambitions du président de la République.

D’abord, les priorités ont été dégagées et le ministre Diarrah devait s’imprégner des réalités des populations à la base. Tour à tour, il s’est rendu dans les différentes régions du Nord. Mais, à Kidal, il a eu du mal à trouver d’interlocuteurs valables. En revanche, c’est à une tentative de lynchage public qu’il a échappé de justesse.

Auparavant, le ministre Diarrah fut incapable de composer son propre cabinet. Finalement, c’est un ancien rebelle Zéidane Ag Sidalamine qui lui a été proposé comme secrétaire général de son département. Et, c’est ainsi que suivra la nomination des autres hauts cadres du département.

Dans la précipitation, le ministre organisera des Assises nationales sur le Nord alors qu’à la base, le contenu était mal cerné. Et, la suite on la connait, puisque la rencontre, aux allures d’un forum national, n’a pas permis de faire avancer la résolution de la crise.

Échec et mat !

Pis, au sortir de ces assises, la tension est montée d’un cran entre le ministre et ses collaborateurs d’un côté et, de l’autre, un climat de méfiance ponctué parfois d’escarmouches s’affichait dans tout le Nord. Du coup, le ministre Diarrah fera porter le chapeau de l’échec de l’organisation des Assises du Nord à son secrétaire général qu’il accusera de tous les pêchés d’Israël avant de se débarrasser de lui de la façon la plus humiliante qui soit.

Pendant ce temps, sur le terrain des négociations, le ministre Diarrah ne parvenait pas à engranger les résultats escomptés. Au contraire, les groupes armés et la communauté internationale n’adhéraient plus à sa démarche, jugée cavalière.

Plus grave, à l’intérieur du pays, Cheick Oumar Diarrah se montrait indifférent des multiples rencontres communautaires et intercommunautaires pour la réconciliation. De quoi provoquer l’ire des associations et organisations du Nord qui voyaient en lui un ministre hautain et mal imprégné des réalités du pays.

La preuve irréfutable est qu’en début de ce mois, il devait se rendre à Tombouctou pour un forum dédié à la réconciliation, mais, contre toute attente, il déclinera l’offre à la dernière minute et de façon inconvenante l’invitation des communautés.

Les faits et gestes du ministre qui était censé réconcilier les Maliens sont la preuve qu’il ne pouvait pas être l’homme de la situation. Et le président de la République en était lui aussi arrivé à cette conclusion : en se débarrassant de lui sans ménagement.

Alpha Mahamane Cissé

L’Indicateur du Renouveau du 17 Avril 2014.