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Il n’ y a aucun doute, au Mali, les enfants ne lisent plus. Certains estiment qu’ils n’aiment pas le livre. D’autres, comme Samba Niaré, directeur général de la maison d’édition “Edis” pensent qu’il ne faut pas les accabler. “ Les enfants de l’ère des nouvelles technologies ne connaissent pas le livre”, a-t-il déclaré.

Pour palier à cette insuffisance, il a proposé que chacun à son niveau s’emploie à faire découvrir le livre à l’ enfant. “Conduisons le vers le livre, amenons le au livre, afin qu’il ne fasse qu’un avec le livre.

Et qu’un jour, il nous dise: nous sommes un, mon livre et moi”, propose Samba Niaré, qui n’a pas croisé les mains pour attendre une hypothétique solution à ce problème. En collaboration avec un certain nombre de partenaires et les responsables d’un certain nombre de maisons d’édition maliennes, il vient de prendre une initiative intitulée: “Contribution au relèvement de la qualité de l’éducation par la lecture en famille”.

En prélude à cette grande initiative qui doit redonner le goût de la lecture aux petits enfants du Mali, “Edis” lancera bientôt la publication de trois petits ouvrages en bandes dessinées, sous le titre générique de “Le prix de la fraude”.

Selon Samba Niaré, ces ouvrages seront écrits et illustrés par Aly Zoromé, auteur du célèbre “jeu des dix erreurs”, publié dans le quotidien national “L’Essor”. Il a précisé que la sortie des trois bandes dessinées s’étalera sur trois mois en raison d’un ouvrage par mois.

Le prix de la fraude” sera suivi par la publication d’une série, intitulée :”Les aventures de B et B”. La maison d’édition compte publier “Les aventures de B et B” sur une période de trois ans, en raison d’une parution tous les deux mois. “Juste le temps d’une incubation, de la création ou de la résurgence de l’habitude du livre, de l’environnement lettré dans le milieu natal: la famille”, a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que les langues nationales seront tout aussi à l’honneur que le français.

Pour réussir, son projet, “Edis” a bénéficié de l’appui de Souleymane Drabo, directeur général de l’AMAP, qui lui a généreusement fait don d’une quantité de papier journal fort bien adapté à la bande dessinée. Selon Samba Niaré, ce soutien permettra d’imprimer 7 500 exemplaires du premier volume. Mais, il a annoncé que sa structure attend d’autres contributions en don de papier qui permettront de porter le tirage à près de 50 000 exemplaires.

Cela n’est que le début d’un programme plus ambitieux qui va enregistrer la participation d’”Edis” et de quatre autres maisons d’éditions : Le Figuier, La Sahélienne, Balan’is et Cauris. Ce programme ambitieux portera le nom de: “2L”. Et selon Samba Niaré, “L” comme le livre, “L” comme lecture et “2L”, comme les ailes d’un oiseau, de l’enfant oiseau, afin qu’il prenne son envol.


Assane Koné

11 Juin 2008