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L’initiative annoncée par le président de la République, le 22 septembre dernier, vise à corriger les lacunes et insuffisances relevées dans le processus démocratique.

Le 6 février dernier, le président de la République informait le Conseil des ministres de la nomination de Daba Diawara, ancien ministre, pour conduire la réflexion sur la consolidation de la démocratie dans notre pays (le decret sera signé le lendemain). L’annonce de la désignation d’une personnalité chargée de diriger cette réflexion avait été faite par le chef de l’État dans son discours à la nation le 22 septembre 2007.

Le président de la Commission de réflexion sur le processus, Daba Diawara, a reçu hier sa lettre de mission. Présidents des institutions de la République, responsables des partis politiques de la majorité et de l’opposition, représentants de la société civile, il y avait du beau monde hier au palais de Koulouba à l’occasion de la remise de cette lettre de mission par le chef de l’État.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, Modibo Sidibé et de plusieurs membres du gouvernement.

La Commission de réflexion sur le processus démocratique a pour mission de corriger les lacunes et insuffisance de notre démocratie, d’améliorer le système électoral et le mode de financement public des partis politiques. La Commission dirigée par un président est composée de 13 experts et de deux rapporteurs. Le président de la Commission, précise le décret de nomination, bénéficie des avantages accordés aux ministres.

DISCRET ET CONNU POUR SES NOMBREUSES QUALITES

A la cérémonie d’hier, le président de la République est revenu sur la nécessité qu’il y avait à créer une telle commission pour la confier à une personnalité éminente du pays. Le chef de l’État a expliqué le choix porté sur Daba Diawara, un homme très discret, connu pour ses nombreuses qualités, sa compétence avérée en matière institutionnelle, son sérieux au travail, sa grande connaissance du domaine politique, son intégrité morale et surtout son engagement constant pour la démocratie.
Par la même occasion, le président Touré a confirmé sa confiance à tous les membres de la Commission de réflexion et à l’ensemble de la classe politique pour s’investir à la bonne marche de notre démocratie.

Amadou Toumani Touré a saisi l’occasion pour évoquer le parcours démocratique du Mali en rappelant qu’en mars 1991, sous la direction du Comité de transition pour le salut du peuple qu’il dirigeait, le pays s’est engagé résolument dans la mise en place d’un régime politique démocratique et multipartite. Ainsi, depuis 1992 nos institutions fonctionnent plutôt correctement.

Si notre pays est aujourd’hui cité parmi les pays démocratiques du monde (ce dont il faut absolument être fier), le pari de la démocratisation n’est pas entièrement gagné, a estimé le président de la République. En effet, a-t-il constaté, la pratique institutionnelle des quinze dernières années a révélé des lacunes et insuffisances qui sont devenues des sujets de préoccupation aussi bien pour la classe politique que pour la société civile. Et le chef de l’État de préciser que ces lacunes et insuffisances concernent notamment le système électoral, le fonctionnement des partis politiques, l’organisation et le fonctionnement des institutions constitutionnelles.

Ainsi, le constat est que malgré les différentes relectures de la Loi électorale et de la Loi portant charte des partis politiques, le processus électoral et le financement public des partis politiques connaissent encore des lacunes et insuffisances. Celles-ci concernent entre autres, le mode de scrutin, la multiplicité des structures intervenant dans l’organisation des élections, le faible engagement des partis politiques et des candidats aux scrutins.

EN TOUTE INDÉPENDANCE

À ces difficultés s’ajoutent la faiblesse récurrente du taux de participation aux différents scrutins en relation avec le mode d’inscription sur les listes électorales et les difficultés rencontrées dans la distribution des cartes électorales. Ce n’est pas tout puisqu’il faut aussi noter la difficulté d’identification des bureaux de vote par les électeurs, la fraude électorale, le coût élevé des élections, le contentieux électoral et l’éligibilité des partis politiques au financement public.

Au regard de la très longue liste des insuffisances, la tâche ne sera pas être aisée pour la Commission de réflexion, a souligné le président de la République, en invitant Daba Diawara et ses experts à tirer toutes les leçons de notre pratique institutionnelle et à faire des propositions réalistes, visant à rénover nos institutions.
« En vous remettant la lettre qui constitue les termes de références de votre mission, je vous donne l’assurance que vous bénéficierez de toute l’assistance et de tout le soutien nécessaires« , a assuré le président Touré, avant d’exhorter la Commission à travailler en toute indépendance.

La balle est désormais dans le camp de la Commission qui dispose d’un délai de six de mois pour accomplir sa mission. Daba Diawara a remercié le chef de l’État pour lui avoir fait confiance. Il a assuré de l’engagement de la commission à relever le défi avec l’aide des institutions de la République, de la classe politique et de la société civile. Il a enfin promis d’organiser prochainement une rencontre avec la presse pour donner plus de détails sur la mission de la Commission.

M. KÉITA – L’Essor

29 Février 2008.