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Pour relever les effets de la dégradation de l’environnement qui se répercutent sur notre société et dictent la mobilité des personnes qui s’y trouvent, Nancoman Keïta, ancien ministre de l’environnement et de l’assainissement et non moins ex-PDG de l’Office du Niger a compilé les résultats de recherches dans un ouvrage qui s’intitule “Environnement et flux migratoires”.

Le lancement de ce précieux document a eu lieu le samedi dernier au Centre Djoliba sous forme d’une conférence-débats et avait drainé une foule nombreuse toute acquise à la cause de l’écologie.

L’EXPOSE LIMINAIRE DE L’AUTEUR

Dans sa déclaration liminaire, M. Keïta a développé les contours du mot environnement qui est la matière première de tout développement durable sur notre terre mais en même temps il est la grande victime du développement et de l’explosion démographique.

Quant à l’émigration, elle est un phénomène socioculturel qui se divise en deux catégories: l’émigration économique et l’émigration due à la guerre.

LA DEGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT ENTRAINE L’EMIGRATION ECONOMIQUE

Après la chute du mur de Berlin qui témoignait de la séparation du monde en deux blocs, les occidentaux s’érigent en maîtres absolus de toute la planète avec les institutions financières à savoir la Banque Mondiale et le Fonds monétaire internationale.

Par le canal de ces institutions, ils vont imposer des réformes drastiques aux pays du sud qui vont désorienter le système économique en place. En même temps, la politique d’une promotion de l’agriculture de rente s’est avérée inefficace à cause des effets pervers des pesticides sur l’écologie mais aussi des subventions des pays développés à leurs agriculteurs, rendant les cultures de rentes du sud très chères sur le marché mondial.

Ces réformes ont donc favorisé la paupérisation des populations du sud qui ne voient plus d’alternative que de s’adonner à l’émigration. Et cette émigration est interne et externe vers d’autres continents, en l’occurrence vers les pays occidentaux.

LE COMPORTEMENT DES POPULATIONS RURALES DENONCE

En plus des effets négatifs des politiques d’ajustement structurel, le livre épingle le comportement des populations rurales avec l’utilisation des produits chimiques qui détruisent la flore, la faune et les ressources halieutiques, tout cela complété par une consommation accrue des ressources ligneuses par toute la population des pays les moins avancés.

Toute chose qui porte de sérieux préjudices à l’environnement. L’ouvrage dénonce le comportement des cadres qui sont muets face à la dégradation de l’environnement. Et ces cadres sont préoccupés par leur maintien dans des postes lucratifs.

Après l’exposé de M. Keïta, des questions telles que: Comment amener les populations à respecter les règles établies en terme de respect de l’environnement; les points faibles de Nancoman Keïta au moment où il était au département de l’Environnement et de l’Assainissement entre autres ont été posées. A ces questions l’auteur a donné des réponses satisfaisantes.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

03 juillet 2007.