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C’est à travers une contribution publiée dans le journal L’Indépendant du Jeudi 14 Février que le Bureau Politique National du Rassemblement Pour le Mali (BPN/RPM) signée de M. Mamadou Diallo que l’information a été confirmée. En effet, quelques heures seulement (Mercredi 13 Février 2013) après la publication d’un article dans les colonnes de votre hebdomadaire préféré, «L’Express de Bamako», sur les liens supposés entre le président du parti RPM, Honorable Ibrahim Boubacar Keita et les putschistes du 22 Mars 2012 que cette contribution est tombée.

Dans cet article publié dans l’Indépendant N°3201 du Jeudi 14 Février 2013, intitulé«Crise politico-sécuritaire : Non ! IBK n’est pas un putschiste», M. Mamadou Diallo du BPN/RPM clame haut et fort que le président Ibrahim Boubacar Keita n’est pas un putschiste.

Ainsi, on pouvait lire : «En réaction à une campagne de dénigrement honteuse et ignominieuse perpétré naguère dans la presse privée contre le président du RPM, Ibrahim Boubacar Keita (IBK), campagne ourdie par ses détracteurs d’en face, soucieux, comme ils sont de maintenir le système dans lequel ils se sont enrichis pendant les 20 années d’une démocratie factice et d’une imposture avérée, à travers des articles commandités… de grâce, chers prédateurs de l’économie et de la démocratie du Mali, sachez raison garder, vous qui, pour la plupart, lui mangeaient dans la main alors qu’il était Premier Ministre et tout-puissant président de votre parti…»

En mettant sous presse ces affirmations nous reconnaissons à M. Mamadou Diallo du BPN/RPM la sagacité d’esprit et surtout la recherche pour apporter des arguments à ce qu’il avance. Mais, seulement les bonnes paroles et les bons discours ne peuvent, hélas, pas changer les faits.

En terme plus clair, on dira qu’il a parlé sans rien dire. Comme on dit bien chez nous «Qui se sent morveux, se mouche». Sur ce point, nous comprenons aisément et à sa juste valeur la réaction de M. Mamadou Diallo du BPN/RPM (He did his job). Et en voulant se justifier et de donner des explications sur la position de l’honorable Ibrahim Boubacar Keita sur ses relations avec les putschistes, il a simplement ignoré les faits qui se sont produits lors des précédents mois.

Pour revenir à l’écrit de M. Mamadou Diallo dans lequel il évoque des «… articles commandités…» contre IBK pour faire de lui un putschiste. Depuis quand un article de presse peut-il faire de quelqu’un un putschiste, surtout de la trempe d’un homme comme IBK ?

Ce que M. Diallo semble oublier, ce qu’IBK a toujours fait partie des présidents de partis politiques à collaborer de manière «très étroite» avec des organes précis de la place sans que personne ne l’accuse pour autant de «commanditer des articles» contre eux. Alors dire que ce sont des adversaires politiques du président IBK qui sont derrière le fait qu’il soit putschiste, est ridicule.

Dans cet écrit aussi, M. Mamadou Diallo du BPN/RPM évoque le bon vieux temps des années 2002 où IBK aurait terminé à la première position des élections présidentielles d’avril 2002, que grâce au patriotisme de l’homme, le Mali a échappé à la guerre civile, patati-patata…

Juste de dire à M. Diallo, que nous en avons marre de cette chanson, car depuis déjà une décennie, c’est le même refrain qu’on nous chante quand il s’agit d’IBK ou de RPM. Il faut avancer, par ce qu’on ne peut prétendre vivre que de souvenir surtout pour un parti comme le RPM. Ibrahim Boubacar Keita est un grand intellectuel, un grand homme politique et un grand homme d’Etat connu et reconnu dans notre pays. Il est et restera une fierté nationale.

Je me rappelle du célèbre discours qu’il a prononcé en 2006 dans l’hémicycle devant la gouverneure générale du Canada, Michael Jean, en visite au Mali. Ces mots si puissants, si forts qui ont fait pleurer la bonne dame comme une petite fille. Ça c’était IBK ! Mais ces qualités seules suffisent elles à construire et maintenir un homme politique sur le sommet aux yeux de son électorat ?

Nous disons que NON. Et lors des derniers évènements, particulièrement pendant et après le coup d’Etat du 22 Mars 2012, IBK a gardé sa position tellement «ambiguë» afin de ne pas rentrer dans l’histoire avec le pied gauche comme ce fut le cas de certains opportunistes politiques, qu’il a oublié qu’il n’était pas seul. Malheureusement pour lui, cette tergiversation sèmera le doute dans le cœur des millions de maliens qui ne respiraient que le non d’IBK. En fin de compte, IBK et ses amis choisiront le coté ou le pouvoir était bien visible, «le camp des putschistes» comme l’a bien illustré la grande mobilisation lors de la marche qui devait mettre fin au règne du président Dioncounda Traoré à qui il a un vieux contentieux politique à régler après son éviction du parti de l’abeille.

Dans la même foulée, IBK perd le peu de crédit qu’il avait après sa défaite politique contre le jeune Moussa Mara dans sa propre Commune (IV). C’est pourquoi nous disons qu’IBK est disqualifié pour les présidentielles de juillet 2013. Mais ça, c’est un autre sujet. Nous y reviendrons !

Moussa KONDO

L’Express de Bamako du 21 Février 2013