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Les généraux algériens, confrontés depuis février à une vague de contestation sans précédent, étalent désormais leurs différends sur la place publique. Cela fait désormais six mois que des défilés sillonnent chaque vendredi des dizaines de villes d’Algérie pour exiger une authentique transition démocratique. Ce mouvement, désigné sous son appellation arabe de Hirak, n’a pas faibli depuis la démission, le 2 avril, du président Bouteflika, au pouvoir depuis vingt ans. La contestation a contraint le chef d’état-major, le général Gaïd Salah, à s’afficher en détenteur effectif de l’autorité exécutive, surtout depuis qu’Abdelkader Bensalah, nommé pour un intérim de 90 jours à la tête de l’Etat, a été maintenu à ce poste à l’expiration de cet intérim, le mois dernier. Les généraux algériens, ainsi privés de paravent civil à leur arbitraire d’Etat, en viennent à porter leurs différends sur la place publique, une première dans un pays où les querelles entre factions militaires se réglaient plutôt en coulisses. La chute du « seigneur de l’Algerie » Les Algériens qualifient de « décideurs » les plus puissants des généraux qui exercent de fait l’autorité dans leur pays. Ce terme de « décideurs » s’est popularisé, en 1992, après le renversement du président Chadli Bendjedid par un groupe de généraux. Les putschistes étaient menés par le ministre de la Défense, Khaled Nezzar, et le chef des renseignements militaires, « Toufik » Mediene…LeMonde