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Dans cette localité, c’est le paysan Abdoulaye Diarra qui a eu l’honneur d’accueillir la délégation ministérielle dans son champ, une parcelle de 7 hectares, dédiée à la culture du mil avec la technique dite « zaï« . Celle-ci consiste à récupérer les terres appauvries en y creusant de petits trous dans lesquels le paysan dépose de la fumure organique.

Des cordons pierreux disposés perpendiculairement permettent de freiner le ruissellement de l’eau de pluies. Les substances nutritives transportées par les eaux se déposent en saison sèche dans les trous creusés.


Activité lucrative.

Le paysan attend l’hivernage pour semer dans ces trous qui renferment des éléments nutritifs indispensables au développement des cultures. La technique est également considérée comme une méthode de défense, de restauration et de conservation des sols.

Abdoulaye Diarra a expliqué que le terrain qu’il exploite aujourd’hui était totalement abandonnée en raison de la pauvreté d’un sol lessivé par les eaux de ruissellement. Avec la nouvelle technique, plusieurs paysans du village retournent sur des terres jadis stériles.

Du champ de Abdoulaye Diarra, la délégation s’est rendue dans une pépinière d’arbres fruitiers, de bois de service et de plantes médicinales. Le propriétaire des lieux est le vieux Yaya Diarra.

Celui-ci explique avoir embrassé cette activité après avoir constaté que les populations (notamment les femmes) parcourent des distances de plus en plus longues pour s’approvisionner en bois de chauffe ou de service.

La sécheresse et les coupes abusives des arbres ont considérablement et durablement appauvri l’environnement. Pour remédier à cette situation, Yaya Diarra a décidé de se lancer dans la production de plants d’arbres. Actuellement, sa pépinière dispose de plus de 400 000 plants d’arbres toutes espèces confondues.

L’activité est si lucrative que le vieil homme a fait beaucoup d’émules : 25 à ce jour. Ils sont regroupés en association, s’entraident et échangent leurs expériences. Des ONG ou programmes de développement qui opèrent dans la zone ont vite perçu l’importance de l’activité et organisent des sessions de formation pour ceux qui ont embrassé le métier.

Parmi ces projets, on peut citer le Projet d’appui au développement rural de la Région de Mopti (PADER) qui a formé une dizaine de pépiniéristes. Ceux-ci ont également bénéficié de petits équipements.
Le PADER est aussi le bras financier du périmètre moyen de Sofara où la délégation s’est ensuite rendue. Le chantier de ce périmètre est à l’arrêt, l’hivernage empêchant le déplacement des engins de travaux.

L’aménagement de ce périmètre de 474 hectares financé conjointement par la Banque africaine de développement (BAD) et notre pays, coûtera plus de 2,8 milliards Fcfa. Le chantier doit durer 15 mois. L’entreprise chinoise CGC en charge des travaux promet de livrer le périmètre pour la prochaine campagne agricole (2009/2010). Les travaux qui ont démarré en février dernier consistent en la réalisation du périmètre et la construction d’une station de pompage.


Deux nouveaux projets.

À Madiama, son étape suivante, Tiémoko Sangaré s’est entretenu avec les paysans de toutes les zones réunis pour l’occasion. Ceux-ci ont salué l’Initiative riz en réaffirmant leur adhésion à la politique de développement de la culture du riz.

Les producteurs ont confirmé avoir reçu dans le délais les engrais et les équipements prévus dans le cadre de l’Initiative. Leur inquiétude majeure réside dans le déficit de pluies amorcé depuis quelques semaines. La présence d’oiseaux granivores a aussi été signalée par des paysans qui demandent plus d’équipements pour pouvoir produire davantage.

Tempérant les inquiétudes, le ministre Sangaré a promis une accélération du programme des « pluies provoquées » et des dispositions pour circonscrire la menace des oiseaux granivores.

Analysant sa tournée dans la Région de Mopti, le ministre a jugé satisfaisante dans l’ensemble la physionomie de la campagne, grâce en partie au fait que les paysans ont suivi les conseils des encadreurs. L’espoir est donc permis pour une bonne campagne.

La Fonds des Nations unies pour l’agriculture (FAO) soutient financièrement l’Initiative riz.

Sa représentante résidente dans notre pays, Mme Mariam Mahamat Nour, partage l’optimisme du ministre. Elle a, en sus, annoncé que notre pays bénéficie d’un projet financé sur les fonds propres de la FAO à hauteur de 500 000 dollars américains (environ 212,5 millions Fcfa) pour la production du riz de contre-saison afin de soutenir l’Initiative riz.

Dans un proche avenir, a-t-elle également annoncé, un autre projet d’un montant de 750 000 dollars (environ 318,7 millions Fcfa) sera également mis en œuvre par la FAO, toujours dans le cadre de l’Initiative. Ce financement est assuré par la Suède à la suite d’une sollicitation du directeur général de l’organisation onusienne, Jacques Diouf. Ces annonces confortent l’Initiative riz et la pertinence des choix des pouvoirs publics.

M. COULIBALY

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Initiative riz : L’Office de Mopti, un des pivots du dispositif

Les prévisions de production sont estimées dans cette zone à 64 982 tonnes de riz paddy Le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, achève aujourd’hui une visite dans la Région de Mopti. Après avoir lancé vendredi un important projet de développement du maraîchage à Bandiagara (voir L’Essor de lundi), il a présidé la 16è session du conseil d’administration de l’Office riz Mopti (ORM).

L’ORM, aujourd’hui dirigé par Adama Berthé, a été créé en 1991. Ses zones d’intervention couvrent les cercles de Mopti, Djenné, Ténenkou, Youwarou et une partie du cercle de Tominian dans la Région de Ségou. Ces zones d’intervention se situent dans le champ d’inondation du fleuve Niger, du Bani et du Diaka. L’Office dispose de 39 080 hectares aménagés dont 33 820 pour la culture du riz. Il bénéficie à 190 villages qui totalisent une population de plus de 200 000 habitants.

L’ORM est chargé de proposer et d’exécuter tous les programmes et projets concourant à la promotion de la filière du riz à travers des actions visant le développement rural intégré de la zone.

L’Office mène des activités de service public :

vulgarisation agricole, appui-conseil, formation et alphabétisation fonctionnelle des paysans et des agents d’encadrement. Il organise et anime le monde rural, entretient les infrastructures hydro-agricoles. Le système d’irrigation par la maîtrise totale de l’eau se traduit par des programmes d’aménagement de petits périmètres irrigués villageois (PPIV) et de moyens périmètres irrigués (MPI).

Un contexte spécial.

Au cours de leur session, les administrateurs ont examiné l’exécution des recommandations de la session précédente, du programme d’activités et du budget de l’exercice écoulé.

Le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, a relevé le contexte spécial dans lequel se tient la session, un contexte marqué par l’Initiative riz et la mise en oeuvre du Projet de développement économique et social du président de la République.

L’objectif assigné à l’Office par l’Initiative riz est la mise en valeur de 37 664 hectares de parcelles de riz dont 22 800 en submersion contrôlée, 1194 en maîtrise totale, 13150 en submersion libre et 520 en riziculture pluviale.

Dans le cadre de l’opération, les producteurs de la zone de l’ORM ont reçu 2405 tonnes d’engrais du Fonds Nyéléni et 502 tonnes d’urée à un prix subventionné. 44 batteuses leur ont été fournis sous forme de prêt à moyen terme. La production céréalière attendue est estimé à 64 982 tonnes de riz paddy et 25 345 tonnes de céréales sèches. Ce qui portera la production céréalière totale à 90 327 tonnes.

La campagne passée a été bonne à l’ORM où avaient été récoltées 51 243 tonnes de céréales dont 32 732 tonnes de riz paddy. Cette production couvrait à 138% les besoins de consommation en riz de la zone. Par contre, il y avait un déficit pour les autres céréales.

Pour la campagne 2007/2008, le taux de recouvrement de la redevance eau -13 600 Fcfa l’hectare- a atteint 93%. Le ministre de l’Agriculture a félicité l’encadrement et les organisations paysannes pour ces performances.

Après le conseil d’administration de l’Office, le ministre Sangaré s’est rendu dimanche dans des périmètres de riz à Sinah, Gnimitongo et Tibo. Il a aussi visité le bosquet villageois des femmes et le centre d’alphabétisation fonctionnelle de Saré-Bambara.

A Sinah, le périmètre irrigué villageois est en maîtrise totale d’eau. Ici, le chef de village Samba Niaré, a confirmé l’adhésion totale des paysans à l’Initiative riz et leur engagement à travailler à atteindre les objectifs fixés par l’opération.

Les producteurs ont reçu les engrais et au prix fixé dans le cadre de l’Initiative riz à savoir 12 500 Fcfa le sac, a-t-il indiqué. Le chef de village a rappelé que lors de la campagne précédente, la productivité moyenne variait entre 80 et 85 sacs de riz paddy par hectare. Pour cette campagne, les paysans comptent évidemment faire mieux.

Les 101 exploitants du périmètre irrigué dont 11 femmes tablent sur une productivité d’au moins 100 sacs de paddy à l’hectare.

Le responsable villageois a cependant attiré l’attention sur le fait que le village manque de magasin de stockage pour conserver les grains avant les ventes. Il a donc sollicité la construction d’un magasin, la fourniture de motopompes plus performantes et de batteuses.


Déficit de pluies.

Non loin de là se trouve le périmètre irrigué de Gnimitongo où les paysans sont dans le même état d’esprit qu’à Sinah. Samba Diallo, leur porte-parole, a dit son espoir de récolter au moins 8 tonnes dans sa parcelle de 0,50 hectare. Son champ a effectivement très bon aspect.

A Tibo (dans le périmètre de Mopti-Sud), Moustapha Haïdara exploite 7 hectares de riz. Il a respecté les consignes de l’encadrement technique, utilisant les quantités d’engrais et de fumure organique recommandées. Mais son champ comme le reste du périmètre souffre d’un manque d’eau car les pluies se font ardemment désirer. Le riz a poussé mais l’insuffisance des pluies inquiète.

Le ministre et sa délégation ont ensuite gagné Saré-Bambara sur la route de Gao. Tiémoko Sangaré y a visité le bosquet villageois de baobabs des femmes et le centre d’alphabétisation fonctionnelle. Les femmes ont témoigné que les plants de baobab qui n’ont que trois ans d’âge procurent déjà des feuilles servant de condiment. Comme le savent les ménagères et les gourmets, les feuilles de cet arbre mythique sont très prisées dans la cuisine traditionnelle.

Au centre d’alphabétisation fonctionnelle du village, la jeune Mariam Dembélé a, au nom de ses camarades, souhaité la bienvenue à la délégation en peulh, une langue qu’elle sait lire et écrire aujourd’hui. La jeune femme témoigne que l’alphabétisation lui a ouvert de nouveaux horizons. Elle échange ainsi des correspondances avec ses camarades d’autres villages.

La délégation ministérielle a poursuivi sa mission à Orgnon, Somadougou, Sofara et Madiana. (voir article ci-contre).

M. COULIBALY

13 Août 2008