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Vétusté des locaux, insuffisance de personnel, manque

de plateau technique sont, entres autres, difficultés signalées par les responsables de ces structures

Rapprocher la santé de la population tout en lui offrant des soins de qualité, telle est la priorité du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. C’est dans cette dynamique que la ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diéminatou Sangaré, a effectué une visite de trois jours dans la Région de Kayes, au cours de laquelle elle a recensé les problèmes des établissements hospitaliers avant de s’engagerpour une meilleure amélioration des conditions de travail. Ces problèmes ont pour noms: vétusté des locaux, insuffisance de personnel, manque de plateau technique.

En cours de route, la ministre en charge de la Santé s’est arrêtée à Kolokani où elle a visité le Centre de santé de référence (CSREF) dont le chantier est presque terminé. Mme Diéminatou Sangaré s’est dite satisfaite de l’avancée des travaux et a promis une extension de l’infrastructure pour le plus grand bonheur du personnel soignant et de la population.

À Diéma, la ministre a également visité le CSREF qui enregistre plus de 400 naissances par mois. Selon le président du Conseil de cercle, Makan Koné, sa commune enregistre un flux important de passagers. Ici,le problème principal est l’évacuation des malades, car le centre ne dispose que d’une seule ambulance. À ceci s’ajoute l’absence d’une unité de pédiatrie et d’une banque de sang.

Quelque 65 km avant d’arriver à Kayes se trouve Koniakary. Après l’accueil chaleureux, la délégation ministérielle s’est rendu au Centre de santé communautaire qui ne dispose que de 20 lits. Dr Bengaly Inhissa en est le médecin-chef. Il dira que son centre ne dispose ni de banque de sang,ni d’unité de pédiatrie.

À Kayes, la visite a concerné la direction régionale du développement social et de l’économie solidaire, l’hôpital Fousseyni Daou, l’infirmerie de la Garnison militaire, le CSREF et l’hôpital Mère-enfant Naomi Harris. Le directeur régional du développement social et de l’économie solidaire, Dramane Coulibaly, a déclaré que son service a pour mission de mettre en œuvre les plans et programmes en matière de promotion et de protection des couches sociales vulnérables. Il a ainsi enregistré environ 400.000 déplacés dont 499 enfants handicapés. Le directeur a déploré l’insuffisance du personnel et de crédits de fonctionnementpour que sa structure puisse assurer ses activités.

L’Infirmerie de la garnison du camp Mamadou Lamine Dramé de Kayes fait des consultations médicales et des consultations spécialisées. Mais elle ne dispose pas d’un cadre adéquat ni de matériel pour mener à bien ses activités. Le médecin chef, le capitaine Issac Diallo, a souhaité que cette visite puisse permettre de rehausser le plateau technique de son infirmerie. La conseillère spéciale du président de la Transition chargée des questions de santé, le colonel Assan Badiallo Touré, a révélé que les hommeset les femmes de cette infirmerie sont foncièrement engagés avec leurs maigres moyens. Elle a assuré qu’elle a pris acte des besoins et a demandé plus de cohésion et d’abnégation car la santé constitue la force de l’armée.

C’est avec un paquet de doléances que la ministre de la Santé et du Développement social a été accueillie à l’hôpitalde Kayes. Le secrétaire général du Syndicat des médecins, le Dr Sidibé Sidi Mohamed et celui des travailleurs sociaux, Guélladio Traoré, ont réclamé le rétablissement d’un poste de sécurité afin de rassurer le personnel. Ils ont également indexé la qualité de l’eau qui serait impropre à la consommation et surtout le retard dans le paiement des primes.

Au CSREF de Kayes,le médecin-chef, Dr Albachar Amidou Dicko, a évoqué des problèmes comme la vétusté des locaux, l’absence de banque de sang et de climatisation au niveau de la salle des suites des couches et surtout la gestion des déchets biomédicaux. Ces mêmes problèmes ont été rencontrés aux centres de santé communautaire de Sandaré et Didiéni. Le CSCOM de Sandaré a une capacité de 9 lits. Il reçoit en moyenne 60 accouchements par mois. Dr Adama Ouattara, médecin-chef de ce centre, espère dans les jours à venir avoir un laboratoire, une salle d’échographie et une mini banque de sang. Le centre de Didiéni effectue plus de 30 consultations par jour.

En dehors de ces établissements publics, Mme Diéminatou Sangaré a aussi visité l’Hôpital Mère-enfant Naomi Harris, une structure hospitalière privée à but non lucratif avec mission de service public. Il a été entièrement financé par la Fondation familiale Naomi Harris de Toronto au Canada à hauteur de 6,7 milliards de Fcfa. Cet hôpital de 3ème référence avec une capacité de 200 lits est un plus pour aider à la mise en œuvre de la politique nationale de santé.

En réponse à toutes les sollicitations, la ministre en charge de la Santé a dit avoir pris bonne note. Mme Diéminatou Sangaré compte sur tous les personnels pour relever les nombreux défis.

Fatoumata NAPHO

Source : L’Essor