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Depuis son accession à la souveraineté nationale l’Etat malien a consenti des efforts considérables en vue d’un système éducatif pouvant aboutir au développement économique et social et culturel de tous les fils du pays. A l’instar de la majorité des pays africains le Mali s’est préoccupé de l’éducation des générations montantes. Ses efforts, qui traduisent la volonté politique exprimée par la Charte de l’éducation de la conférence d’Addis Abeba (1961), par la déclaration de Jomtien sur l’éducation pour tous (1990) et par le cadre d’action de Dakar (Avril 2000), se sont concrétisés par la mise en place de programmes de réforme des systèmes éducatifs coloniaux.

La charte d’Arusha (1990), notamment apprend que sans participation populaire, il n’y a pas de développement. Il est en effet inacceptable que le peuple soit exclu du processus de prise de décision. Chacun comprend que l’école n’est pas seulement l’affaire de l’Etat, mais de tous. Seule une école créée par les efforts conjugués de toute une communauté est susceptible de réussir.

Le Mali s’est engagé à démocratiser le secteur de l’éducation afin de lutter contre l’analphabétisme. Mais malgré la Réforme ambitieuse de 1962, puis à partir de 1991 l’instauration du multipartisme et le développement important de la vie associative, la situation éducative demeure peu enviable. Confronté à une crise économique sans précédent accentuée par la dévaluation du franc CFA (1994) ainsi qu’au programme d’ajustement structurel et à la politique d’austérité, l’Etat ne peut plus financer seul les actions de développement.

Il suscite donc un partenariat basé sur la participation des populations aux efforts de développement. Cette approche, à la base de la décentralisation inscrite parmi les objectifs centraux de la IIIe République, constitue un axe stratégique de la démocratisation de l’éducation.

Avec l’accroissement démographique, l’Etat est dans l’incapacité de couvrir les besoins éducatifs de tous les Maliens d’âge scolaire. Aussi, les populations ont crée des écoles pour les gérer, elles-mêmes, ce qui a comblé un vide au sein du système éducatif. Dans le cadre d’une dernière réforme du secteur, le Mali- à travers la politique nationale du développement décennal de l’éducation- a donné une place privilégiée à la participation communautaire au processus éducatif.

Les écoles communautaires sont le fruit de cette participation. Pour la réalisation des objectifs de cadre d’action de Dakar 2000, l’Ecole communautaire est d’importance capitale.


Ecole Publique Classique

Héritée de l’époque coloniale, l’école publique classique est la plus répandue des écoles (environ 90% des effectifs scolarisés) hors medersas. La méthode d’enseignement utilisée à l’école publique est la pédagogie frontale. Le maître en véritable détenteur du savoir parle et les enfants en quête de savoir l’imitent.

Le Français sert à la fois de médium et de matière d’enseignement. L’école publique est une structure étatique centralisée sur le plan budgétaire administratif et pédagogique. Le cadre pédagogique de cette école est fixé par le Ministère de l’Education Nationale qui forme, fournit et rémunère les enseignants à cet effet.

Le Ministère dispose d’un budget considérable pour accomplir totalement ses charges, les enseignants maliens travaillent dans les conditions rudimentaires ; ce qui contribue quotidiennement à les démotiver et à rendre l’école publique non performante.

Remarquons aussi que malgré sa laïcité et sa gratuité, l’école publique Malienne porte en elle un caractère inégalitaire et antidémocratique comme l’explique A. Antonioli : « ce que l’on peut considérer comme indéniable, c’est que l’école publique malienne de 1992 est antiégalitaire ». Les paysans des campagnes paient des impôts qui servent à l’éducation des enfants des villes faisant apparaître le caractère féodal du système.

Les populations des zones rurales sont-elles consultées pour savoir si elles sont d’accord pour financer la scolarisation des enfants des villes ? Non. Or la démocratie se définit fondamentalement comme la possibilité fournie à une population de se déterminer par rapport aux politiques de gestion de la chose publique. Ils doivent payer l’impôt, pour entre autre scolariser les enfants de ceux qui perçoivent et gèrent l’impôt. Donc en toute logique l’école publique classique se relève antidémocratique.

Au delà du constat d’une école publique classique au service des villes au détriment des campagnes on est aussi amené à penser que l’école publique malienne n’est jusqu’à présent pas arrivée à se départir de tout l’héritage négatif de l ‘école coloniale, au sein même des fils de fonctionnaires, dont la majeure partie est scolarisée.

En 1986, un enfant de fonctionnaire avait 15 fois plus de chance d’aller à l’enseignement public qu’un enfant d’autres catégories sociales, faisant apparenter l’école à celle « des fils de chef » de la colonisation. Les bénéficiaires actuels d’un enseignement gratuit sont ainsi ceux les moins défavorisés.

Une telle école constitue une véritable entrave à la vie sociale et contribue à exacerber les antagonismes sociaux. Le principe du quasi monopole de l’Etat sur l’éducation à travers l’école publique ayant été un échec pour la première République par rapport à certains objectifs de la Réforme tels que la scolarisation primaire généralisée, la promotion d’une autre structure aux côtés de l’école publique s’imposait.

L’école privée

L’école privée repose sur l’initiative d’une personne morale ou physique qui investit financièrement et qui considère l’école comme une entreprise privée de service apte à générer des revenus au bénéfice du promoteur. Ainsi, il existe plusieurs types d’école privée ; école privée laïque, école de base, école privée chrétienne, école coranique, école communautaire.

– L’école privée laïque

elles est la variante privée de l’école publique classique elle répond aux mêmes normes pédagogiques que l’école publique classique. Elle est réservée généralement aux catégories privilégiées de la population. Elle offre un enseignement de qualité parce que rémunérant mieux ses enseignants.

-L’école de base

Même si le terme d’école de base disparaît aujourd’hui du langage des administrateurs scolaires au profit de celui d’école privée laïque, il convient de le présenter particulièrement, pour faire ressortir ses spécificités. L’école de base est une variante privée de l’école publique classique. C’est une petite entreprise scolaire dont la création fut prononcée par l’Etat pour pallier à la fois au chômage et à la déscolarisation des années 80. Malgré le manque d’assistance de l’Etat, l’école de base offre des chances aux couches moyennes de la population à travers ses prix abordables. Les problèmes de l’école de base sont aujourd’hui l’insuffisance de matériel didactique et le retard dans le paiement de la scolarité. Mais ceci n’empêche pas à cette école de fournir de meilleurs rendements que l’école publique.

Les écoles religieuses

L’école privée chrétienne

les écoles chrétiennes créées par les missionnaires de la colonisation, ne sont plus très nombreuses au Mali. Ces écoles sont souvent financées par l’Etat et suivent le programme officiel des écoles publiques classiques. Les cours de religion y sont facultatifs, car elles accueillent les élèves de toutes les confessions. Pareilles aux autres écoles confessionnelles, elles cultivent essentiellement la discipline et la morale chez leurs élèves.

L’école malienne ne reflète plus l’image de notre pays et ne correspond plus aux aspirations de la toute 1ére république de notre cher feu Modibo KEITA. L’école malienne est en déliquescence totale, cependant l’arbre ne doit pas cacher la forêt.

Malgré l’adaptation du programme décennal pour le développement de l’éducation et de la loi d’orientation du système éducatif 1998. les syndicalistes du monde scolaire et d’autres formations politiques n’ont pas cessé de s’interroger sur l’avenir de l’éducation dans notre pays.
Le Mali est entré dans le 21ème siècle avec ¾ de sa population active analphabète. La décentralisation du système éducatif consacre le transfert de l’école aux municipalités mal préparées à assumer de telles responsabilités.

En effet, les enseignants des écoles communautaires font désormais partie du système et on ne peut donc les ignorer au risque de coordonner des générations d’enfants. Les citoyens les plus nantis perçoivent à partir de ces réformes, les signes précurseurs d’échecs scolaires et préfèrent payer pour leurs enfants une éducation performante dans le privé.

Pour le personnel enseignant, la notion de fonctionnement évolue négativement sous les pressions du modèle anglo-saxon. L’emploi prend le pas sur la carrière plus sécurisante. L’esprit de service public prend indubitablement des coups irréparables.

La fermeture des écoles de formation (réouvertes en grand nombre maintenant) a donné lieu à un recrutement massif des enseignants contractuels sans formation initiale venus d’horizons disparates (les 4-5-j) dépasse largement les enseignants fonctionnaires en nombre.

La revalorisation de la profession enseignante peut encore faire rêver. Selon les circonstances et les conditions de leur naissance, les enfants de la République seront confronter à diverses fortunes, parce que les uns auront fréquentés l’école des fils à papa et les autres l’école de la plèbe, l’application de la P-C (pédagogie convergente) dans certaines écoles où les enfants des démunis se retrouvent en est un exemple frappant.

Face à la communautarisation et à la municipalisation se posent des enjeux fondamentaux.

Quelle alternative peut-elle conduire réellement à l’amélioration du taux de scolarisation au Mali ?
Quelle perspective se dessine- t’elle pour la qualification des enseignants ?
Le débat actuel sur notre école aura – t – il le succès attendu face à l’expansion démographique de la population scolarisable ?

Proposition sur la situation actuelle de notre école

1-L’assainissement de l’Administration scolaire au niveau de tous les ordres d’enseignement.

2-le retrait de notre système d’éducation au PAS.

3- la sécurisation de l’espace scolaire et Universitaire.

4- le respect strict du règlement Intérieur au niveau de tous les ordres d’enseignement.

6- l’organisation des assises par ordre d’enseignement avant le forum et ses assises doivent regrouper uniquement (les enseignants , les syndicats , les Directeurs d’Etablissements, les syndicats d’élèves et étudiants , les partenaires financiers et techniques) tout autre intervenant ne fera que noyer la situation.

7- la révision de tous les textes régissant l’enseignement au Mali.
8- Le retour à la réforme de 1962.

9- La fermeture de toutes les écoles privées illégalement fonctionnelle et toutes celles ne respectant pas le règlement Intérieur
de l’école, car cette situation ne fait que profiter les écoles privées.

10 – l’audit de la gestion de l’école de 1998 à nos jours.

11- la publication du contrôle physique des enseignants au Mali.

12 –la formation continue des enseignants.


Propos recueillis par Moustapha GUITTEYE

17 Septembre 2008