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Estimant qu’il a été injustement écarté du stage rural, Mahamadou Kanouté, étudiant professionnel à l’Institut de formation des travailleurs sociaux (INFTS), met en grade le directeur des études de l’Institut de ne pas se jouer de sa vie et de ses études.

Il avait des ambitions et c’est la raison qui l’a poussé à entreprendre des études à l’INFTS pour une mise à niveau. Agent de suivi sur le terrain à la direction régionale des productions et industries animales, Mahamadou Kanouté puisque c’est de lui qu’il s’agit a aujourd’hui maille à partir avec la direction de l’INFTS.

La raison ? Selon l’étudiant professionnel, après les examens, le stage rural a été programmé courant 2008 par la direction des études de l’établissement qui l’avait choisi comme responsable de groupe de stage. « Le départ était prévu pour le 15 juillet 2008 mais le rendez-vous n’a pu être respecté parce que les bourses de stage n’étaient pas payées et j’étais chef de groupe. C’est le 19 juillet 2008 que nos bourses ont été payées pour nous permettre de faire des achats pour le voyage et je me croyais toujours chef de groupe ».

Mais quelle ne fut la surprise de M. Kanouté de constater sur le tableau d’affichage qu’il n’est plus chef d’équipe de stage. Son seul tort, indique-t-il, a été de demander le bilan des achats alimentaires dont ils auraient besoin sur le terrain.

« J’ai été suspendu après les achats alimentaires dont on aurait besoin sur le terrain parce que tout simplement j’ai demandé à celui qui a été désigné comme chef d’équipe de stage la liste des denrées qui ont été achetées » . Leur destination pour le stage étant Sangarébougou (Kita), chacun d’eux, 9 étudiants au total pour le groupe, a reçu 25 000 F CFA.

Toutefois, dit-il, le montant total a été confié au responsable du groupe. Mais le fait d’avoir réclamé la liste des produits achetés a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. « Sur note de service du directeur des études, ma participation au stage rural été suspendue au motif que je suis indiscipliné et belliqueux », s’insurge l’étudiant professionnel.


Histoire de vie ou de mort

Notre interlocuteur soutient que la direction, sans avoir l’écouté au préalable, a agi de la sorte avec pour seul dessein d’empêcher sa participation au stage rural. « Les étudiants ont rapporté à la direction que j’ai porté la main sur le chef d’équipe de stage et qu’ils craignent de voyager avec moi au motif que je vais aller semer le désordre à Sangarébougou. La direction sans rien chercher à savoir a pris la décision de m’écarter ».

Pour M. Kanouté, depuis son arrivée à l’INFTS en février 2008, il n’a jamais eu une prise de bec avec qui que ce soit. Il s’est dit fondé à croire qu’il est aujourd’hui devenu le mouton noir de l’Institut. « Sinon comment s’acharner contre ma personne pour avoir osé uniquement demandé la liste des denrées ? » s’interroge-t-il.

« A l’approche des examens, j’ai fait les 11 devoirs sur les 12 cours. J’ai participé aux 6 épreuves écrites et aux 5 épreuves orales. Après tout ça, dire que je suis indiscipliné, la direction est manifestement de mauvaise foi avec moi » .

Les différentes tentatives de conciliation entreprises par des personnes ressources auprès du directeur des études de l’INFTS afin qu’il revienne à de bons sentiments ont été infructueuses. Ne voulant rien savoir, il a préféré adopter une position intransigeante. « Le directeur des études a laissé entendre qu’il a affaire avec moi et qu’il va gérer mon cas, arguant que je suis un sac à problèmes. Ce qui me réconforte dans ma conviction que c’est un règlement de compte », rappelle notre interlocuteur.

En tout état de cause, Mahamadou Kanouté, qui dispose d’un congé de formation et qui est à sa 1re année de cycle supérieur à l’INFTS demande au directeur des études de revenir sur sa décision pour, dit-il, ne pas se jouer de sa vie et de ses études.

« J’ai 50 ans et pour mon congé de formation, j’ai déposé une copie de la décision de mon admission signée du ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées pour justifier mon absence au service. Pour rien au monde, au regard des sacrifices consentis pour passer au concours d’entrée à l’INFTS, je n’accepterai que mes efforts soit vains quel que soit le prix à prix à payer » , avertit l’étudiant fâché.

Mohamed Daou

27 Août