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En demande de réparation de préjudice, Macaire Yaméogo, un opérateur économique Burkinabé qui a été refoulé de Tunis en 2005 par les autorités aéroportuaires pour irrégularité de son visa alors qu’il se rendait en République Tchèque, réclame 58,200 millions de F CFA à Tunis Air.

En partance en 2005 pour la République tchèque sur invitation de la société Biohema tristal, Macaire Yaméogo, un opérateur économique Burkinabé a été refoulé à partir de Tunisie par les autorités aéroportuaires au motif que son visa comporte des irrégularités. Il a été reconduit à Bamako après que son billet d’avion et son passeport aient été confisqués au comptoir de Tunis Air.

« Au cours d’un voyage, j’ai pris le vol Tunis Air Bamako-Tunis-Prague. En cours de chemin à Tunis, j’ai été interpellé par les autorités aéroportuaires qui m’ont signifié l’irrégularité de mon visa sur Prague. Malgré ma protestation, ces autorités n’ont voulu procéder à aucune vérification sérieuse.

J’ai même eu le sentiment qu’il y avait du racisme derrière leur comportement », explique M. Yaméogo qui ne comprend pas non plus comment peut-on faire retourner quelqu’un de son voyage pour irrégularité de visa sans consulter l’autorité émettrice.
De la date de son retour à Bamako à ce jour, Macaire Yaméogo n’a pas baissé les bras.

Dans la recherche d’une solution à cette affaire qu’il qualifie « d’abus », l’opérateur économique Burkinabé s’est adressé à différentes institutions et organes, qui aux dires de notre interlocuteur, ont unanimement rejeté sur Tunis Air la responsabilité de l’abus. Mieux, Macaire a même assigné en justice la compagnie Tunis Air. Mais il a perdu aussi bien en première instance que devant la Cour d’appel au motif que sa requête n’est pas fondée.

Malgré ces décisions de justice, le Burkinabé ne veut pas lâcher du lest. A défaut d’avoir sa décision administrative de débarquement pour attaquer Tunis Air devant la Cour suprême, Macaire Yaméogo réclame 58,200 millions de F CFA à cette compagnie aérienne comme frais de réparation du préjudice.

Là aussi, il n’est pas au bout de ses peines car Tunis Air a opposé un non à cette demande. Macaire persiste et signe qu’il ne méritait pas un traitement du genre. « J’ai passé de sales moments lorsque mes documents ont été confisqués. Tantôt on me disait que c’est avec la police d’immigration pour vérification, tantôt on me disait que c’est au comptoir.

J’ai été longtemps ballotté entre les deux sans manger ni boire. C’est le lendemain matin qu’on est venu me signifier que je n’irais pas en République Tchèque et que je retournerais chez moi. Finalement, c’est dans l’avion qu’on m’a remis mon dossier. Arrivé à Bamako, je me suis adressé au représentant de Tunis Air qui m’a demandé de faire une demande de remboursement.

Mais jusque-là, la compagnie ne s’est pas exécutée. On me dit passe demain ou après-demain. Ça me fait 3 ans jour pour jour que je suis en procès contre Tunis Air. En première instance j’ai été débouté de même que devant la Cour d’appel parce que Tunis Air a rejeté la responsabilité sur les autorités tunisiennes » indique-t-il.


Règlement à l’amiable

A ce jour, si l’on en croit M. Yaméogo, toute tentative de règlement à l’amiable du contentieux avec l’ambassade de Tunisie au Mali est restée vaine. Approché, le plénipotentiaire de ce pays dans notre pays, S. E. Cheour Farhat, qui a reçu à maintes reprises l’infortuné Yaméogo, soutient, que celui-ci n’a pas droit à se prévaloir d’autant que la justice a rendu un verdict.

« On a cherché à régler le problème à l’amiable mais juridiquement Tunis Air ne lui doit rien parce qu’il a été débouté ». De plus, l’ambassadeur de Tunisie au Mali s’inscrit en faux contre les allégations formulées par Macaire Yaméogo, selon lesquelles, son passeport et son billet d’avion ont été confisqués. « Il n’y a pas eu confiscation de ses dossiers. On ne peut pas confisquer des documents délivrés par des autorités compétentes.

Je me suis entretenu avec Macaire une vingtaine de fois, mais il m’a jamais parlé de ça » et S. E. Cheour Farhat de poursuivre que « si c’était le cas, le plaignant aurait dû s’adresser au ministère des Affaires Etrangères de son pays qui à son tour devait prendre attache avec les autorités tunisiennes pour savoir le pourquoi de la confiscation de son dossier. Mais Macaire n’a pas suivi cette procédure. Et juridiquement, nous ne lui devons rien ».


Les Echos

Mohamed Daou

01 Juillet 2008