Partager


– Un ministre politique se tape 50 véhicules pour son parti

Après le sac, dans l’impunité totale, du parc automobile de Koulouba par les auteurs du coup d’Etat du 22 mars 2012, les ministres de la transition auraient juré de mettre en réforme tous les véhicules de leur département, y compris même ceux qui sont dans des garages pour défaut de pièces. Le Premier aurait donné le ton. Un ministre politique, très proche des putschistes de Kati, s’est illustré dans ce vol crapuleux des biens de l’Etat. Il aurait procédé à la réforme de 50 véhicules pour son parti.

En moins de deux mois de la fin de la transition, si on parviendra à organiser la présidentielle le 28 juillet, la décision de réforme des véhicules de l’Etat, suspendue aux premières heures du coup d’Etat du capitaine Amadou Haya Sanogo, le 22 mars 2012, par le Premier ministre de «plein pouvoir», est désormais levée au grand bonheur des voleurs de la République. Avec la levée de cette mesure, des listes des bénéficiaires circulent dans tous les départements ministériels.

A cet effet, une commission de réforme de véhicules a vu le jour dans le département qui gère les biens de l’Etat. Le hic, est que dans cet accaparement des maigres ressources de l’Etat malien, le Premier ministre et les ministres politiques auraient ravi la vedette aux autres.
Le Premier ministre, Diango Cissoko, aurait initié une vaste opération de réforme des véhicules de la primature. Il aurait introduit auprès du ministère en charge de ce gangstérisme, la réforme de quatre (4) véhicules 4×4 de la primature dont deux à son nom. Mais à la lecture de la correspondance, on tombe des nues. M. Diango Cissoko, au lieu de mentionner sa fonction actuelle de Premier ministre du Mali, aurait préféré le titre : fonctionnaire à la retraite.
Quant au ministre politique, à travers la commission logée dans son département, il n’est pas parti par quatre chemins pour mettre en réforme tous les véhicules 4×4 en bon état de tous les services concentrés et déconcentrés de son ministère.
A la date d’aujourd’hui, le parc automobile de son parti s’est agrandi avec 50 véhicules déjà mis en forme. Cette première tranche n’est que la partie visible de l’iceberg. Le parti, du ministre dont il est question, est une petite formation née sous l’ère ATT.

Selon certaines indiscrétions, la mise en circulation de ces véhicules dépasse à peine deux ans. Certains, d’entre eux, auraient coûté à l’Etat malien plus de 40 millions de francs CFA. Dans ce pillage, les véhicules, qui sont dans des garages ou au coin d’une rue de Bamako, ne seraient pas épargnés. Des véhicules auraient déjà pris la direction des magasins des vendeurs de pièces détachées. C’est certainement la raison pour laquelle, il est fréquent de voir des véhicules tractés par d’autres dans la circulation.
Il est temps que les Maliens se réveillent, en premier lieu les éventuels candidats à la présidence de la République. Sinon, au rythme où vont les choses, il ne restera plus au gouvernement de Diango Cissoko que de proposer le Mali à la vente aux enchères. Tellement l’argent est devenu leur religion.

Yoro SOW

L’Inter de Bamako du 27 Mai 2013