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«Rattraper le train de la modernité par l’intelligence artificielle (IA)», tel est l’intitulé d’un colloque sur la capitalisation des réflexions sur la Transition et la refondation de l’État qui se tient depuis hier à Bamako

. L’ouverture des travaux a été présidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Amadou Keïta, en présence du président de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications, technologies de l’information et de la communication et des postes (AMRTP), Cheick Sidi Mohamed Nimaga.

On notait également la présence de la secrétaire générale du Centre d’étude et de réflexion au Mali (CERM), Assétou Founé Samaké et de l’ancien ministre de la Communication et de l’Économie numérique, Dr Hamadoun Touré.

Ce colloque de deux jours (30 au 31) est organisé par le CERM, en partenariat avec l’AMRTP.
Objectif : inciter à la réalisation d’infrastructures nécessaires pour l’exploitation de l’Intelligence artificielle, ouvrir des pistes d’amélioration de nos services publics par l’intelligence artificielle pour plus d’efficience, d’efficacité, de précision, d’augmentation des ressources…

En effet, l’intelligence artificielle qui comprend à la fois la logique mathématique, l’informatique et les réseaux neuronaux, est un ensemble de théories et de techniques mises en œuvre pour réaliser des machines capables de simuler l’intelligence, a expliqué Pr Amadou Keïta. Selon le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les études montrent que dans les 30 prochaines années, une intelligence générale artificielle sera comparable à la moyenne humaine. Si cela était avéré, a-t-il dit, les impacts sociétaux et économiques sur notamment l’Afrique et le Mali seront immenses.

«Cette révolution, car c’est de cela qu’il s’agit, ouvre un champ d’opportunités pour notre développement économique et social tant en termes d’efficacité, que de rapidité et de fiabilité. C’est une opportunité à saisir tout en veillant évidemment aux conséquences éthiques, économiques, voire sociales qu’elle entrainerait inévitablement.

Sur notre continent déjà, des institutions se créent pour étudier et capitaliser cet énorme potentiel», a analysé Pr Keïta. Il a engagé son département à prendre en compte les résolutions pertinentes qui seront issues de ce colloque, qui réunit les participants qui travaillant dans le secteur.

Ceux-ci feront le tour de la question en vue de dresser un panorama complet du sujet, a indiqué la secrétaire générale du CERM. «Ces réflexions feront l’objet d’une diffusion afin que décideurs, politiques et société civile puissent en tirer le meilleur profit pour un véritable réaménagement de la politique du savoir, de l’inclusivité dans l’éducation et de la formation continue», a déclaré Assétou Founé Samaké.

En la matière, l’intelligence artificielle est un domaine complexe qu’il faut se l’approprier parce que c’est l’avenir qui est en train de se jouer à travers elle, a insisté le président de l’AMRTP.
Son objet est, selon Cheick Sidi Mohamed Nimaga, la mécanisation des fonctions cognitives et sensori-motrices, telles que la perception, le raisonnement, l’action, l’interaction et l’apprentissage.

Pour ce faire, l’IA utilise des approches à base de connaissances et de modèles, exprimés par exemple en logique ou par des réseaux relations entre concepts (graphes conceptuels, taxonomies, ontologies), avec des algorithmes qui mécanisent efficacement différentes formes de raisonnement (déduction, abduction, induction, analogie), a décortiqué le spécialiste.

Un atout inépuisable qui pourrait servir notre pays dans tous les domaines de son développement. «Pays essentiellement agropastoral, le Mali pourra utiliser l’intelligence artificielle en recourant, entre autres, à des drones dans les domaines de l’agriculture (pulvérisation des champs, irrigation, commercialisation, etc.), de la surveillance du territoire et de la livraison des produits essentiels comme les poches de sang et les médicaments», a illustré l’expert.

Il a assuré que l’AMRTP travaille à ce que les conditions soient réunies pour l’émergence de l’IA dans notre pays. Cela en mettant en place des infrastructures capables de supporter toutes les applications de l’IA à travers notamment la préparation de l’avènement de la 5G au Mali.

Technologie de dernière génération dont l’application n’aura d’utilité que si elle progresse en collaboration avec l’intelligence artificielle, le renforcement de la qualité des échanges tout en ayant un œil bienveillant sur l’utilisation des données personnelles, a alerté Cheick Sidi Mohamed Nimaga.

Tout cela devrait, selon lui, se faire en étroite collaboration avec l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP) et en appuyant les innovateurs dans le domaine du numérique, notamment les incubateurs et les Start-up.


Makan SISSOKO

SOURCE : ESSOR