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Le président de la République, M. Amadou Toumani Touré, dans une correspondance adressée le 20 février 2008 à M. Daba Diawara, ancien ministre et président de la Commission de réflexion sur le processus démocratique au Mali, se dit convaincu que la vitalité d’une démocratie réside dans sa capacité de se remettre constamment en question.

La mission confiée à Daba Diawara et à son équipe est de réfléchir sur le système électoral malien, le statut de l’opposition, l’organisation et le fonctionnement des institutions de la République.

La mission confiée à DABA DIAWARA

Avant le 31 août 2008, la Commission Daba Diawara doit remettre au président de la République un rapport de propositions visant à conforter le cadre juridique et la pratique de la démocratie au Mali. Depuis plusieurs mois, l’équipe Daba est sur le terrain. Elle a installé ses bases dans les locaux du Médiateur de la République.

La méthode de travail de l’équipe Daba consiste à organiser des séances d’écoute avec des présidents d’institutions de la République, les anciens Premiers ministres, entre autres. Pour l’instant, la Commission n’a pas entendu les groupements de partis encore moins les partis politiques pris individuellement ou même la presse.


L’approche maladroite du PARENA

Voilà que le Parena, pour des raisons que nous ignorons, décide de verser sa pièce dans le dossier. La contribution faite par le Parena et adoptée par son comité directeur en sa séance du 12 mai 2008 comporte des insuffisances bien sûr par rapport à la mission confiée au ministre Daba Diawara.

Mais cela n’est pas un problème fondamental, puisqu’il s’agit d’une oeuvre humaine, c’est la façon de procéder que l’on critique. Le Parena préside en ce moment aux destinées des partis politiques qui se réclament de l’opposition malienne regroupés au sein du Front pour la Démocratie et la République (FDR).

Le FDR comprend en plus du Parena, la CDS, le RPM, la COPP, le RDR pour ne citer que ceux-ci. En tant que président de ce regroupement et d’ailleurs le siège du Parena sert également de siège pour le FDR, la meilleure façon, à notre avis, était de se concerter les autres membres du FDR afin de publier une contribution au nom du groupe.

Comment expliquer cette attitude du PARENA ?

De deux choses l’une : ou le Parena a fait cavalier seul en publiant sa contribution sans consulter les autres membres du FDR ou les autres membres du regroupement ne sont du même avis que lui. Dans un cas comme dans l’autre, c’est l’opposition qui a montré ses fissures.

Au-delà du FDR dont le Parena assure la présidence, le parti du Bélier blanc (emblème du Parena) et le parti SADI du Dr Oumar Mariko forment à l’Assemblée Nationale le groupe parlementaire de l’opposition. Pourquoi là aussi le parti de Tiébilé Dramé n’a pas associé le parti de Oumar Mariko à sa contribution sur la consolidation de la démocratie au Mali ?

Si le FDR est en panne, l’opposition parlementaire, à moins d’un an seulement à l’Hémicycle ne doit pas être à bout de souffle. En tout cas, il lui reste encore quatre longues années à tenir d’ici les prochaines élections législatives.


Daba Balla KEITA

19 Mai 2008