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Moins de 72 heures après la présidentielle du 21 mars dernier, la Commission électorale a annoncé la réélection du président Denis Sassou Nguesso. Ainsi, le maitre de Brazzaville rempile pour un quatrième mandat ; lui qui totalise 36 ans au pouvoir. Pouvait-il en être autrement quand on sait que Sassou avait réuni toutes les conditions pour s’offrir un boulevard pour la fraude ? Pour cela, il avait récusé les observateurs de la Conférence épiscopale et ceux de la société civile, tout en prenant le soin de mettre sous cloche son pays en coupant les réseaux sociaux. Il avait du reste, annoncé la couleur, en prenant le soin de placer son homme lige à la tête de l’instance électorale, qui, par ailleurs, est le président de la Cour suprême. Dès lors, on savait que le jeu était déjà pipé. Sassou ne pouvait que conserver son fauteuil ; aidé en cela par le Covid-19 qui vient d’emporter son principal challenger qu’est Guy Brice Parfait Kolélas le jour même du scrutin. 

Jamais une dictature, fût-elle féroce, ne peut triompher d’un peuple poussé à bout

On en vient d’ailleurs à se demander à quoi servent les élections dans un pays comme le Congo où le vainqueur est connu d’avance. Vive donc l’empereur Sassou qui, au faite de sa gloire, se doit de comprendre que jamais une dictature, fût-elle féroce, ne peut triompher d’un peuple poussé à bout. On l’a vu au Burkina avec Blaise Compaoré, en Libye avec Mouammar Kadhafi, au Zimbabwe avec Robert Mugabe pour ne citer que ces exemples-là où des présidents qui se croyaient indéboulonnables, ont été chassés du pouvoir tels des mal propres. C’est le risque qu’encourent le président Sassou Nguesso et ses pairs de la sous-région comme le Camerounais Paul Biya, le Tchadien Idriss Déby Itno, le Rwandais Paul Kagamé et l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema qui refusent de s’imaginer une autre vie en dehors du pouvoir.

B.O   

Source: Lepays.bf