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A la place des jeunes filles et garçons, la police nationale recrute de plus en plus de filles-mères et de jeunes « inaptes » contrairement aux textes en vigueur.

Toute formation militaire dans l’armée exige une certaine condition physique. Aussi, les recrues ont l’obligation d’être en bonne santé mentale. La police ne fait pas exception à la règle, même si elle est désormais un corps démilitarisé.

Mais, depuis quelques années, le recrutement dans ce corps laisse à désirer. Toute sorte de personne est la bienvenue dans le milieu. Le week-end dernier, les résultats pour le recrutement dans la police nationale ont été affichés au grand dam de nombreux candidats. Dans quelques mois, des citoyens maliens « recevront » donc de nouveaux commissaires, inspecteurs et sous-officiers censés représenter la loi.

Parmi ces admis figurent de nombreux jeunes « inaptes ». Une formation, c’est des épreuves d’éducation physique nécessitant une bonne santé physique. En ce sens que les recrues comme le signalent les critères éliminatoires doivent se tenir bien sur leurs jambes, posséder une bonne vue, mesurer en moyenne 1 m 60. L’âge limite (sauf dérogation) doit être de 26 ans pour les commissaires et avoir une maîtrise.

Pour les inspecteurs, il faut être âgé de 22 ans au plus et détenir un diplôme d’études universitaires générales (DEUG). Quant aux postulants aux fonctions de sous-officiers, ils doivent avoir 22 ans et être titulaires du baccalauréat.


Honorer les promesses

Toutefois, ces quelques critères sont de plus en plus foulés aux pieds. On assiste de plus en plus à un recrutement l’emporte-pièce. Les conditions requises n’ayant pas été respectées, puisque certains handicapés physiques ne sont en mesure d’achever le service. C’est pourquoi, il n’est pas rare de voir des cas d’incapacité physique voire de décès au cours de la formation commune de base.

Les raisons de ces incapacités seraient connues des autorités policières. Mais qu’ont-ils fait pour que la situation ne refasse pas surface ? Impossible de mettre de côté les protégés de hauts gradés.

« J’ai été déposé mes dossiers avec un camarade qui a des problèmes de vision. On a été tous admis jusqu’à la phase des visites corporelles. Au finish, son nom est sur la liste des admis », proteste ce fils d’administrateur qui affirme répondre à toutes les conditions exigées.

La police malienne, loin d’être une police répressive, doit resserrer ses rangs afin que les mauvaises graines ne s’infiltrent en son sein. Si l’armée est devenue pour les plus hautes autorités un refuge pour sans emploi, le recrutement à la police doit se faire à la loupe.
La police doit dorénavant inclure dans ses critères de recrutement, le volet enquête de moralité parce qu’elle est en contact direct avec la population.

Le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, lors de son interpellation à l’Assemblée nationale, avait reconnu que tout n’est pas rose dans ce corps et qu’ils vont s’atteler à corriger les cas d’indisciplines. Plus récemment Niamé Kéita encore, le nouveau directeur général de la police, a aussi promis des changements de comportements dans ce corps.

Amadou Sidibé

09 Juillet 2008