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Les besoins exprimés par la direction de la protection civile sont estimés à 280 agents. Ce lot comporte différents corps de métier comme les chauffeurs, mécaniciens, techniciens en bâtiment, électriciens, secrétaires, administrateurs, agent de santé, etc. Un concours a été lancé en juillet 2005 et s’est soldé par le recrutement de 85 agents. Dans cette vague, 35 personnes ont été finalement remerciées par la direction de la protection civile. Celle-ci a organisé un nouveau concours à l’issue duquel une centaine de postulants ont été recrutés.

Youssouf Diarra, qui fait partie des candidats qui avaient été déclarés admissibles par la fonction publique avant de se voir remerciés par la suite, pense qu’ils ont été victimes de discrimination. Selon lui, aucun motif ne leur a été signifié. Il ne s’agit pas non plus, d’une cause liée à leur inaptitude physique. Il en veut pour preuve, le certificat de visite et de contre-visite délivré par le médecin-capitaine Gaoussou Doucouré de la protection civile. Son étonnement est d’autant plus grand que le capitaine Doucouré et son collègue, le major Amadou M. Traoré, disent ne rien comprendre à leur renvoi.

M. Diarra en désespoir de cause dit avoir quitté ses fonctions de mécanicien à la CMDT de Ouléssébougou en août 2005 au profit de la fonction publique. A l’en croire, il n’a plus aucune chance d’y retourner et est frappé par la limite d’âge (30 ans) pour tout autre concours de la fonction publique.

Echec lié aux maladies

Le colonel Mamadou Traoré, DG de la protection civile et ancien instructeur à la gendarmerie, nous a expliqué que les conditions d’organisation de ce concours sont claires comme l’eau de roche. Il s’agit, selon lui, des critères comme l’aptitude physique qui ne saurait être déterminée par le seul certificat de visite et de contre-visite, mais il y a aussi des analyses cliniques pour boucler la boucle. Il y a aussi les critères d’âge qui sont fixés à 27 ans pour les agents dédiés aux fonctions administratives.

Le colonel Traoré a fait savoir qu’il ne peut pas se permettre d’exclure des candidats admis sans raison valable alors que l’effectif (280 agents) qu’il recherche n’est pas encore atteint. Sur les 280 agents à recruter, 248 ont été retenus. Dans ce groupe, 8 à 9 personnes ne se sont pas présentées à la visite médicale, a-t-il expliqué. « Le recrutement reste toujours ouvert jusqu’à concurrence de l’effectif demandé », a-t-il fait savoir.
Le parton de la protection civile ne voit aucune magouille dans la décision. Il ne veut non plus avoir sur la conscience les éventuels accidents sur les physiquement défaillants au cours de la rude formation militaire de six mois. D’où le tri nécessaire.

La cause réelle de leur échec, a indiqué le colonel Traoré, est liée sûrement à des maladies que la protection civile ne peut dévoiler qu’en présence de leurs parents. « Ce n’est pas une exigence pour nous de dire les raisons pour lesquelles un candidat a échoué », a-t-il plaidé. Il a en outre fait cas de mères de familles ou de filles qui s’étaient présentées étant mères de 4 à 5 gosses. « Je ne peux pas prendre le risque de recruter celles-ci, même si je partage leur souci de quête d’emploi », a-t-il fait remarquer.

Abdrahamane Dicko

19 juillet 2006