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Durant tout le week-end dernier de sanglants affrontements ont opposé des éléments d’une tribu arabe se réclamant du MAA et des Touaregs proches du MNLA, dans la localité de Bordj Badji Mokhtar au Sud algérien près de la frontière malienne. Cette ville située dans la wilaya de l’Adrar est à présent bouclée et la circulation fermée à certaines heures.

Les échauffourées ont entrainé la mort de plus d’une dizaine de personnes des deux cotés ainsi que de nombreux blessés dont certains grièvement. Selon nos informations, ces affrontements opposent les membres de la tribu Targui Idnan et ceux de la tribu arabe des Brabiche qui se vouent une animosité de longue date. Malgré l’intervention des forces antiémeutes et des gendarmes, les violences se sont poursuivies jusqu’à hier lundi 19 août. Ainsi, plusieurs commerces et domiciles de particuliers ont été saccagés et incendiés.

On apprend que la ville est en état de siège. D’ailleurs, une ligne de démarcation entre les deux communautés a été installée par les forces de sécurité pour éviter la recrudescence des violences. Celles-ci se sont transportées hors des frontières algériennes et n’ont pas épargné le massif des Ifoghas, où s’étaient réfugiés quelques islamistes après avoir été chassés par l’intervention militaire de janvier dernier au nord du Mali, qui ont aussi été le théâtre de plusieurs combats meurtriers entre les deux communautés rivales. Il faut noter que la plupart des membres de ces tribus ont la particularité d’avoir la double nationalité malienne et algérienne, ce qui facilite leur déplacement sans restriction entre les deux pays même au plus fort de l’occupation des deux tiers du territoire malien. Cette situation a obligé les forces de la MNUSMA et de Serval à intervenir pour ramener le calme.

Pour l’heure, même si l’origine de cette nouvelle flambée de violence intercommunautaire demeure confuse, car chaque camp rejette la responsabilité sur l’autre, il convient d’admettre que ces deux communautés s’affrontent régulièrement pour diverses raisons. Pour cet incident, des sources indiquent que les arabes ont saccagé et tué un élément de la tribu Targui Idnan qui tentait d’ouvrir une boutique.

Des touaregs ont alors accusé les autorités algériennes d’être partiales et de prendre fait et cause pour les arabes. Comme ils l’accusent aussi de vouloir saboter les accords de Ouaga signés le 18 juillet dernier en ce sens qu’à chaque interpellation, on leur répondait d’aller voir la France ou le Burkina Faso pour régler leurs problèmes.

Des arguments rejetés en bloc par les autorités algériennes. Il faut reconnaitre que la crise au nord du Mali a exposé au grand jour les rivalités existant entre les deux communautés. Même si les affrontements ont baissé d’intensité après la reconquête des régions du nord du Mali, les deux communautés continuent à se regarder en chiens de faïence et la moindre étincelle peut mettre le feu aux poudres.

Massiré DIOP
L’Indépendant du 20 Août 2013.