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Le président de la République, Pr. Dioncounda Traoré et le président du Comité de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité, le capitaine Amadou Haya Sanogo, l’ont fièrement dit : l’armée malienne n’attendra pas des mois comme certains semblent le préconiser pour libérer le Nord de notre pays. Allusion est faite aux propos de certains responsables de la communauté internationale. Pourtant cette même armée dit avoir besoin de la logistique d’une communauté internationale qui ne sera pas prête avant un semestre, voire septembre 2013. A chacun donc son calendrier.

Le président du Comité de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité, le capitaine Amadou Haya Sanogo l’avait dit en son temps : l’armée malienne n’attendra pas septembre 2013 pour libérer le Nord du pays, tombé depuis 9 mois dans les mains des organisations terrorico- djihadistes.
Il l’avait dit en novembre dernier lors d’une visite dans certaines casernes de Bamako, à la veille même de l’arrivée de nos armes longtemps bloquées au port de Conakry sur injonction de la Cédéao, et au lendemain de la déclaration fracassante de Romado Prodi, envoyé spécial du secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU) au sahel.

Ce dernier avait laissé entendre qu’il n’est pas envisageable que l’opération de la reconquête du Nord-Mali soit avant septembre 2013, en tout cas pas avant le premier semestre de cette année. Une déclaration qui avait mis les Maliens mal à l’aise du fait de la situation apocalyptique que nous vivons depuis l’avènement de ce drame. Le 31 décembre 2012, c’est le président de la République, Pr. Dioncounda Traoré, dans son adresse à la nation qui l’a réitéré en ces termes : l’armée malienne n’attendra pas des mois comme certains semblent le préconiser pour libérer le Nord de notre pays.

Et avant cette déclaration présidentielle, c’est le chef d’état-major des armées, Ibrahim Dahirou Dembélé qui, lors de la présentation des vœux au chef de l’Etat, indiquait que l’armée était désormais prête pour la guerre et n’attend que le feu vert des pouvoirs politiques.

Cependant ni Dioncounda, ni le chef d’état-major encore moins le capitaine Sanogo, ne dit avec quels moyens l’armée malienne va y parvenir. C’est vrai que cela relève du secret-défense, mais l’armée malienne a toujours mis en avant le manque de la logistique qu’elle dit attendre de la communauté internationale. On ne sait pas si nos armes qui sont arrivées de la Guinée Conakry peuvent faire l’affaire, sinon, c’est probable qu’on soit soumis au calendrier de la communauté internationale.

Parce que ceux qui doivent nous fournir la logistique, qui a pour nom les moyens aériens, en l’occurrence l’Union européenne et les USA ne sont pas sans préalables. Les Etats-Unis préconisent les élections avant de se lancer dans la reconquête du Nord, alors que l’Union européenne prévoit d’abord une phase de mise à niveau de notre armée.

D’ailleurs, 250 militaires-formateurs ont été désignés dans ce sens et il n’est pas évident que cette formation puisse terminer avant le premier semestre de cette année. En tout cas même la France qui pilotera cette opération européenne et qui très engagée pour l’intervention militaire en convient qu’il faut d’abord reconstruire notre armée avant qu’elle ne prenne la direction des opérations. Il est alors évident qu’on ne peut pas régler tous ces détails militaires en si peu de temps.
Dans une telle cacophonie, on se demande qui détient réellement le vrai calendrier.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 03 Janvier 2013.