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Face aux quelque 3000 à 4 000 hommes qui occupent le Nord du Mali, dont un noyau dur de 800 à 1200 combattants islamistes – selon des sources américaines -, les experts militaires africains et européens prévoient d’engager une force de 8300 hommes : 5000 Maliens et 3300 soldats de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Principaux pays contributeurs : le Burkina, le Ghana, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et le Togo. Mais, de bonne source, les Américains ne sont pas d’accord. Forts de leur expérience au Moyen-Orient, ils estiment que les effectifs prévus ne sont pas assez nombreux.

« Leur opposition vient de haut et elle est ferme », confie un diplomate européen. Est-ce la Maison Blanche ? En coulisse, les discussions entre Américains et Français sont serrées.

Participation du Tchad à la libération du nord : Hollande reçoit Idriss Déby Itno le 5 décembre

Si des renforts sont nécessaires, beaucoup de regards se tourneront vers le Tchad, dont les troupes sont aguerries, notamment dans le désert. Mais le président Idriss Déby Itno hésite. Il souffle le chaud et le froid et fait savoir que ce ne sera pas cadeau. « Sans doute attend-il sa rencontre à Paris avec François Hollande, qui est annoncée pour le 5 décembre, estime un diplomate ouest-africain. Si la France le laisse tranquille sur les droits de l’Homme et l’affaire Ibni [du nom de l’opposant tchadien enlevé et disparu depuis février 2008, Ndlr], il sera plus coopératif ».

Concertations nationales : menace sur la commission d’organisation

Reportées aux 11, 12 et 13 décembre prochains, les concertations nationales sont toujours menacées et les différents acteurs semblent s’accorder sur la nécessité de mettre tout à plat, notamment la commission nationale d’organisation car à en croire Tiébilé Dramé, « en l’état actuel des choses, des concertations mal préparées, sans consensus sur la commission d’organisation, sur les termes de référence, sur la liste des participants et sur l’ordre du jour aggraveront inévitablement la crise ».

Pour Moussa Mara, « maintenant, il est impérieux que nos autorités s’emploient, avec toutes les bonnes volontés, à établir les bases de concertations consensuelles en revoyant dans le dispositif existant ce qu’il faut pour que l’essentiel des acteurs soit prêt à y participer ». Et Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique, conclut en soutenant que « cette décision de report des concertations nationales est salutaire. « Elle permet en effet de mieux préparer les assises pour avoir l’adhésion de tout le monde. Elle permet aussi de choisir les termes de référence dans le consensus. Je pense qu’il vaut mieux être en retard que de faire les choses dans la précipitation ».

Ousmane Daou

L’Indicateur du Renouveau du 27 Novembre 2012