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Près de six mois après l’occupation des trois régions (Gao Tombouctou et Kidal) par les bandits du MNLA et les groupes islamistes djihadistes d’Ansar Eddine, l’Etat Malien peine toujours à trouver une réaction appropriée en raison de la crise institutionnelle.

Cette situation qui perdure depuis le 17 janvier 2012 développe, de nos jours, un sentiment d’abandon chez les populations locales. Une situation qui est à l’origine de beaucoup de mouvement des ressortissants de ces régions pour protester contre cette occupation illégale et organiser éventuellement la libération de leur terroir. La dernière en date est la création du Front National de libération du nord Mali(FLNM). Ils sont pour la plupart issus du Nord et entendent mener une véritable guérilla dans les maquis contre les envahisseurs islamistes et le MNLA. En effet, dans une déclaration datant de ce lundi 28 mai, ces jeunes annoncent la création d’un nouveau groupe armé pour combattre les rebelles du nord.

Leur objectif est de mettre un terme à l’occupation et aux velléités d’imposition de la charia par les islamistes dans le Nord-Mali. Même si on en ignore pour le moment le nombre de combattants et les moyens militaires dont ils disposent, ainsi que l’inspirateur, le moins qu’on puisse dire, c’est que ces jeunes armés de courage sont décidés à affronter les rebelles islamistes et du MNLA dans les régions Nord du Mali. Depuis le début de cette crise, des initiatives courageuses comme celles des jeunes de Gao et Tombouctou ont vu le jour dans ces différentes régions suite notamment à l’appel du Collectif des ressortissants du nord (COREN), à la résistance populaire face aux nombreuses exactions des groupes rebelles.

Autres mouvements non moins important sur le terrain, les éléments de « Ganda Koy » et de « Kanda Iso », composé de jeunes sonrhaï qui ont, par le passé, joué un grand rôle lors des différentes rebellions qui ont sévi dans ces régions depuis le lendemain des indépendances de notre pays. Après avoir annoncé plus de 6000 combattants au début de la crise, des sources concordantes indiquent que les éléments de Ganga Koy sont en formation dans la région de Mopti. En attendant que l’armée ne finisse de s’organiser, une action coordonnée entre ces différents mouvements armés pourrait donner une lueur d’espoir aux populations des zones sous occupation. D’ores et déjà, les réactions sont nombreuses sur les réseaux sociaux pour encourager ce nouveau groupe armé. La récente fusion entre le MNLA et Ansar Eddine peut créer un élan de solidarité en faveur de ces groupes armés chez les défenseurs de la démocratie et de l’Etat de droit.

Abdoulaye OUATTARA

Le Républicain du 30 Mai 2012