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Immortaliser Balla Moussa Kéita par l’institutionnalisation d’un prix : c’est le combat que mènera une association culturelle qui verra bientôt le jour.

L’institutionnalisation d’un prix à la mémoire de Balla Moussa Kéita, grand acteur de film est d’actualité. Une association culturelle « Ma mémoire » va bientôt voir le jour. Elle est l’initiative d’un groupe de jeunes sortants de l’Institut national des arts (INA). CCes jeunes estiment Balla Moussa n’a pas reçu tous les honneurs qu’il mérite après son décès le 6 mars 2001.

Pour eux l’attribution du nom de Balla Moussa Kéita à une petite salle du CICIB est une bonne chose, mais est insignifiante.

Pour donner corriger cette méprise, ils projettent
l’institutionnalisation d’un prix cinéma qui mettra en compétition les cinéastes du Mali et même de la sous-région.

« Nous allons demander aux autorités d’instituer un prix cinéma pour Balla Moussa Kéita ». Pour eux, Balla Moussa a été une légende du 7e art dans notre pays et une référence dans toute l’Afrique. Il a joué dans presque tous les films maliens courts métrages et longs métrages confondus : « Den Muso », « Baara », « Finyè », « Yeelen », « Waati » de Souleymane Cissé avant que Cheick Oumar Sissoko ne lui fasse appel en 1989 dans « Finzan » et « Genèse ».

En 1990, il étale son savoir-faire dans « Séré, le témoin » de Mohamed Dansogo Camara. Un autre cinéaste malien, Adama Drabo sollicite ses services dans « Ta Dona ». En 1997, il joue dans « Faraw », une mère des sables d’Abdoulaye Ascofaré et « L’Enfant noir » de Laurent Chevallier…

Le 21e Festival international du film d’Amiens lui a rendu un hommage en programmant cinq films interprétés par ses soins. Le festival présentera les films suivants : « Yeelen » (1987), « Ta Dona » (1991), « Macadam Tribu » (1996), « Faraw », une mère des sables (1997), « La Genèse » (1998).

Patrimoine malien

La prise de contact de l’homme de radio avec le 7e art a lieu cinq ans après l’accession du Mali à l’indépendance. Il a fait partie de la délégation de Modibo Kéita en Chine pour doubler trois films du pays de Mao Zédong en bambara. Ils étaient destinés à servir « d’éléments d’éducation idéologique ».

Il y passe cinq mois. C’est au cours de ce voyage qu’il apprend les rudiments du cinéma.
Sa véritable incursion dans le 7e art se fait en 1975 grâce au cinéaste Souleymane Cissé qui lui propose un rôle dans son premier film « Den Muso ».

La mince silhouette du comédien et animateur de radio se glisse dans la peau de beaucoup de personnages de fiction, et glisse sur le blanc de l’écran des salles de cinéma. Balla Moussa Kéita n’est plus seulement connu comme une « voix », il devient un homme sur lequel reposaient la confiance et l’estime de nombre de techniciens de radio et du cinéma.

Sa carrière professionnelle démarre en 1960, Balla Moussa intègre la compagnie du Théâtre national, puis le Haut commissariat à la jeunesse.

Il s’y occupe pendant 18 ans de l’art et du théâtre. Il est ensuite détaché en 1978 au ministère de l’Information. Transition qui s’explique par le fait que depuis 1967, il faisait déjà des interventions radiophoniques, en particulier des petits programmes de sensibilisation sur les dangers des feux de brousse, sur la mauvaise conduite des camionneurs, etc.

Balla Moussa devient « une voix ». Les auditeurs l’apprécient beaucoup. Il réalise des bulletins d’informations, des avis et communiqués, des magazines pour l’Agence nationale d’information ou l’Agence malienne de publicité.

Le combat des jeunes est noble et mérite d’être soutenu par les autorités intervenantes dans le domaine du cinéma.


Amadou Sidibé

03 Juillet 2008