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Après l’investiture du président de la République Amadou Toumani Touré, il a reconduit le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga qui avait rendu sa démission le samedi 9 Juin. Pourquoi cette reconduction?

Nous sommes à une étape décisive de notre processus électoral. C’est sans doute pour cette raison que le président de la République, qui est le maître d’orchestre de la gestion du pouvoir durant son mandat a décidé de reconduire le gouvernement. La décision est-elle la bienvenue à un moment où, au sein de la classe politique et de l’opinion publique nationale on s’attendait à ce que l’investiture du président de la République s’accompagne d’un remaniement ministériel? Dans tous les cas cela ne sera que partie remise.

LE SOUCI DE L’EFFICACITE

En décidant de reconduire le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga afin qu’il poursuive les actions entamées, le président de la République est animé par le souci de l’efficacité, de la cohérence, de l’ordre dans un processus électoral qui avait commencé avec quelques difficultés. Les élections générales de 2007 ont leur particularité en ce sens qu’il s’est posé avec acuité la problématique du faible taux de participation aux élections.

A cette occasion, le constat général à la veille des élections présidentielles, première étape des compétitions, était que les retraits de cartes d’électeurs se faisaient de façon timide; un rythme qui suscitait des inquiétudes chez les acteurs politiques. C’est sans doute pour cette raison que le président de la République n’a pas voulu faire la fuite en avant en chamboulant tout le système à une étape cruciale du processus électoral.

POURQUOI CETTE RECONDUCTION

Le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga a, en effet, suffisamment mouillé le maillot pour que les élections générales de 2007 se déroulent dans les meilleures conditions. Et, les efforts déployés par les uns et les autres n’ont pas été vains. En effet, à l’occasion des élections présidentielles qui viennent de se dérouler et qui ont donné le candidat Amadou Toumani Touré à sa propre succession vainqueur, on se rappelle que le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga et le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné inlassablement se sont investis sur le terrain en menant des actions d’information et de sensibilisation des citoyens dans plusieurs localités du pays afin de les inciter à aller retirer les cartes d’électeurs.

L’objectif visé à travers ces actions était de faire en sorte que le taux de la participation au scrutin soit plus élevé. Telle était aussi la préoccupation essentielle des populations, des acteurs politiques et des plus hautes autorités du pays. Cette mission, il faut le reconnaître, a été accomplie avec efficacité. Toute chose qui a permis de dissiper l’inquiétude majeure.

Aussi, au moment où nous abordons les élections législatives dont les campagnes ont débuté le vendredi à partir de minuit, il est nécessaire de faire en sorte de ne pas poser des actes qui seraient de nature à apporter des complications et cela dans l’intérêt de tous ceux qui prennent part aux différents scrutins.

DE L’OPPORTUNITE DU REMANIEMENT

Un remaniement ministériel à ce moment précis ne s’impose pas; il ne faciliterait pas une meilleure organisation des élections législatives qui présentent cette année un enjeu particulier. Il s’agit, en fait d’une compétition au cours de laquelle seront dégagés les rapports de forces des partis politiques. En effet, pour les élections générales de 2007, les partis membres du Front pour la Démocratie et la République (FDR) ont manifesté leur détermination persistante à réaliser l’alternance politique cette année. Si leurs espoirs ont été déçus aux élections présidentielles, peut-on affirmer qu’ils se sont résignés? Qu’ils ont perdu la guerre?

Rien n’est certains en ce moment, dans la mesure où, après leur expérience malheureuse des présidentielles, les animateurs du FDR semblent avoir mis de l’eau dans leur vin. Pour les élections législatives, c’est plutôt la prudence qui est de mise. Dans tous les cas ces élections permettront de départager les différentes composantes de la classe politique.

A partir de là, sans doute, le président de la République procédera à un remaniement ministériel en tenant compte des grandes sensibilités, des rapports de forces qui se dégageront.

Moussa SOW

11 juin 2007.