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Les observateurs de la scène politique malienne assistent en ce moment à une fuite des élus indépendants vers les formations politiques à peine un an après les élections présidentielles et législatives et à moins d’un an des communales de 2009.

Face à ces mouvements inattendus, des gens se demandent ce qui fait fuire les élus indépendants vers les partis politiques. Pour pouvoir répondre à cette interrogation, nous avons mené une petite enquête. Les résultats auxquels nous avons abouti sont révélateurs. A la longue, c’est l’avenir des candidatures indépendantes qui sera en cause.

Réaliser politique ou hantiser ?

Positionnement stratégique par rapport aux élections générales de 2012, difficulté économique à entretenir l’électorat, problème de leader charismatique. Voilà entre autres raisons qui poussent aujourd’hui les élus indépendants surtout les deputés à fuir le groupe des indépendants au profit des formations politiques.

De cette manière, les indépendants pensent pouvoir trouver une solution à leur hantise. S’agit-il là d’un réalisme politique? Pas si sûr, puisque rien ne prouve que les élus indépendants qui trouvent réfuge au sein des partis politiques sont assurés d’un avenir meilleur. C’est pourquoi ils doivent réfléchir longuement avant toute prise de décision.

Que valent les élus indépendants ?

Pour pouvoir mesurer la forces ou le poids politique des élus indépendants nous avons pris en compte région par région plus le district de Bamako le nombre de conseillers indépendants à l’issue des élections communales de mai 2004.

L’autre baromètre qui nous a permis de jauger l’importance des indépendants est le nombre de députés indépendants à l’Assemblée Nationale au sortir des élections législatives de juillet 2007.

Sur les 10 777 conseillers communaux que compte le Mali, 1003 se reclament du groupe des indépendants, toutes tendances confondues, soit 9,31% de l’électorat malien an niveau local. La région de Sikasso avec 240 conseillers indépendants est la région qui compte le plus grand nombre d’élus indépendants.

Elle est suivi par la région de Koulikoro qui a 180 conseillers indépendants, puis la région de Mopti 146 élus indépendants. La région de Kayes avec 113 élus indépendants vient en 4ème position suivie de Tombouctou qui a 107 conseillers communaux indépendants.

Les régions de Ségou et de Gao sont 6ème avec 85 conseillers indépendants chacune. Le District de Bamako est 8ème avec 41 conseillers indépendants tandis que la région de Kidal avec 6 élus communaux indépendants ferme la marche.

Au classement général, les indépendants, toutes tendances confondues arrivent en 4ème position sur 39 après l’ADEMA, l’URD et le RPM. A l’Assemblée Nationale, sur les huit groupes parlementaires, le groupe des indépendants avec 24 députés sur les 147 que compte l’Hémicyle, est la 3ème force politique après l’ADEMA et l’URD.

C’est à ce titre que la 3ème vice-présidence de parlement a été attribuée au groupe des députés indépendants. Ce poste est occupé par Ousmane Ba élu à Macina. Au sein du gouvernement, on dénombre au moins quatre ministres plus ou moins proches des indépendants.


Qui sont ces deputés indépendants partant ?

Ils sont au moins quatre députés du groupe parlementaire des indépendants qui ont manifesté leur désir de s’allier à certaines formations politiques. Ce sont entre autres : Hamadoun Sidibé de Youwarou, Fily Keïta et Baba Cissoko dit Foutango élus à Kéniéba, Bouréma Dicko de Baraouéli.

Il faut ajouter à ceux-ci l’indépendant de Kangaba, Lancinè Bérété. Face à ces départs massifs d’élus indépendants vers les partis politiques que faut-il faire? Voilà la principale question à la quelle le député Ousmane Ba, 3ème vice-président de l’Assemblée Nationale au non du groupe des indépendants et ses collègues députés doivent répondre dans un bref délai afin que l’hémorragie s’arrête.


Daba Balla KEITA

13 Mai 2008