Partager


En fin 2008, Bamako a abrité un forum national sur l’Education (FNE). Ce grand rendez-vous auquel toutes les forces vives de la nation ont participé devrait prescrire des remèdes pour soigner l’école malienne malade depuis plus d’une décennie. Au sortir du forum, des recommandations ont été faites qui, si elles sont bien appliquées, sortiront l’école de l’ornière. Des mécanismes de suivi des recommandations tel que le Comité Interministériel, le Groupe de Travail d’Etude des Recommandations, entre autres, ont été prévus.

Ainsi, par décrets n°08-723/PM-RM et n°08724/PM-RM du 2 décembre 2008 le Premier ministre Modibo Sidibé a créé ces deux organes. Si ces organes de travail existent, leur mécanisme de fonctionnement laisse à désirer. D’ailleurs, les syndicats d’enseignants le dénoncent parce que non représentatifs.

Présentation du mécanisme de suivi

Ce mécanisme a pour objectif principal de suivre et d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en oeuvre des recommandations issues du Forum National sur l’Education. Ces recommandations font apparaître la nécessité de mettre en place un mécanisme de suivi.

Pour assurer l’efficience de ce dernier, le Premier Ministre a opté pour une démarche participative, mobilisatrice, fédératrice, technique et institutionnelle. Il a été, ainsi proposé un mécanisme de suivi, placé sous son autorité composé de trois instances complémentaires et répondant ainsi, aux principes définis par lui : Un Comité Interministériel sur le suivi de la mise en œuvre des recommandations du FNE, un Groupe de travail de l’étude des recommandations du Forum et de Rencontres périodiques sur le suivi de la mise en œuvre des Recommandations du FNE avec les forces vives de la Nation.


Le comité interministériel

C’est un Cadre institutionnel de suivi du mécanisme en vue d’impliquer les ministères concernés par la mise en oeuvre des recommandations et des reformes à venir. Il a pour mission de coordonner la mise en oeuvre des engagements pris par le Gouvernement et accompagner de manière efficiente les reformes à venir pour améliorer le système éducatif malien.

Il comprend :

– le Ministre de l’Emploi et de la formation Professionnelle ;

– le Ministre de la Santé ;

– le Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales ;
– le Ministre de l’Artisanat et du Tourisme ;

– le Ministre de l’Agriculture ;

– le Ministre de l’Economie de l’Industrie et du Commerce ;

– le Ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau; le Ministre des Finances ;

– le Ministre des Enseignements Secondaire Supérieur et de la Recherche Scientifique ;

– le Ministre de l’Education de Base de l’Alphabétisation et des Langues Nationales ;

– le Ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille ;

– le Ministre du Travail de la Fonction Publique et de la Reforme de l’Etat ;

– le Ministre du Développement Social de la Solidarité et des Personnes Agées.

Le groupe de travail

Son objectif est de répondre à l’impérative nécessité, pour le Gouvernement, de définir sa stratégie de refondation sur la base de recommandation et de préconisation techniquement réaliste, socialement durable et économiquement soutenable sur la base d’une expertise technique avérée pour éclairer le Gouvernement sur ses options stratégiques.

Sa mission : éclairer le Gouvernement sur les options stratégiques à prendre. Cet éclairage sera fait sur la base de recommandations techniquement réalistes, socialement durable et économiquement soutenables. Son Objectif est de donner au Gouvernement un plan d’action opérationnel et intégré sur le court, moyen et long terme, pour une mise en oeuvre efficiente et diligente des recommandations issues du Forum.


Les rencontres périodiques

Les rencontres périodiques sur le suivi de la mise en oeuvre des recommandations du Forum sont considérés comme des espaces de suivi de la mise en oeuvre desdites recommandations. Ils répondent à la volonté du Premier Ministre de garantir une démarche participative, mobilisatrice, fédératrice et transparente. Le Premier Ministre informera les forces vives de la Nation sur l’état d’avancement de la mise en oeuvre des recommandations.


Missions:
garantir la transparence du mécanisme de suivi et assurer le suivi participatif de la mise en oeuvre des recommandations du FNE.

Composition : L’ensemble des représentants des acteurs et partenaires de Pacte Social pour l’Ecole malienne tel défini dans la Déclaration finale du FNE.

Au titre du décret n°08-322 P-RM du 09 juin 2009, un conseil dit Supérieur de l’Education a été mis en place. Il se compose de vingt quatre (24) membres dont douze (12) personnalités ayant des compétences avérées dans le domaine de l’éducation et de la formation. Ces douze personnalités siégeant au CSE sont désignées par les Ministres en charge de l’éducation.


Ces 12 personnalités sont :
le Pr Ali Nouhoum DIALLO, le Pr Baba Akhib HAIDARA, le Pr Adam Ba KONARE,le Pr Bintou SANANKOUA, le Pr N’Tji Idriss MARIKO, le Pr Fanta CAMARA, le Pr Abdoul Karim SANOGO, le Pr Eloi DIARRA,le Pr Souleymane DIARRA, le Pr Samba DOUCOURE,le Pr Abdoulaye BERTHE et le Pr Fad SEYDOU.

Selon l’article 4, à l’exception de ces personnalités citées ci-dessus, les autres membres du Conseil Supérieur de l’Education sont choisis par les organisations qu’ils représentent selon leurs propres modalités de fonctionnement.

Il s’agit de :

– un représentant du Conseil Economique, Social et Culturel ;

– un représentant du Haut Conseil des Collectivités Territoriales ;

– deux représentants des associations des élèves et étudiants ;

– deux représentants des syndicats d’enseignants et de chercheurs ;

– deux représentants des associations des élèves et étudiants ;

– deux représentants des associations d’établissements privés ;

– deux représentants des confessions religieuses.

L’article 5 du décret n°08-322 P-RM du 09 juin 2008 fixe la composition, l’organisation et les modalités de fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Education. Il stipule que le président et le vice-président sont désignés par les Ministres en charge de l’éducation parmi les personnalités ayant des compétences avérées en matière d’éducation et de formation.

La durée du mandat du Conseil est de quatre ans renouvelable et il peut se réunir en session ordinaire tout comme en session extraordinaire. C’est dans ce cadre que le CSE s’est réuni, pour la première fois en session ordinaire, les 12 et 13 février 2009 au Rectorat de l’Université de Bamako.

Comme on le voit, tout cela est beau sur le papier, mais dans la pratique, c’est tout autre. En matière de rédaction des textes, le Mali fait figure de champion. Mais le beau discours sert aujourd’hui à peu de chose. Il urge de prendre des décisions concrètes pour redonner à l’école malienne son lustre d’antan des années 62.

Les maux de l’école étant connus de tous, la tenue d’un forum ne se justifiait pas. Et les recommandations dorment, pendant que l’école se fondre.

Daba Balla KEITA

12 Mai 2009