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Tenue du 30 octobre au 2 novembre 2008, au Centre International de conférences de Bamako, le Forum National sur l’éducation a permis aux participants de dégager cinq points de recommandations permettant de définir désormais ce que nous voulons que l’école malienne soit pour le bonheur de tous.

Pour répondre à ces attentes, le Premier ministre Modibo Sidibé, Chef de gouvernement a pris l’engagement devant l’auguste assemblée, de prendre les dispositions nécessaires dans les prochaines semaines, pour mettre en place un mécanisme en vue d’assurer le suivi et la mise en œuvre des recommandations du Forum. C’était lors de la cérémonie de clôture de ce forum au CICB le dimanche soir 2 novembre 2008 à 17 heures.


cérémonie de clôture

Le forum national a été organisé avec l’ensemble des sensibilités et forces vives de la nation en vue de dégager une vision partagée de la mission de notre école face à l’avenir. Ont pris part aux assises les forces vives de la nation, les représentants des institutions de la République, des élus locaux et nationaux, des syndicats d’enseignants et de l’AEEM, des pouvoirs publics, de la classe politique, des confessions religieuses, du secteur privé, de la diaspora, des médias publics et privés.

Les travaux du forum étaient véhiculés par un bureau composé des doyens de notre école dont le président était Mama Tembely, président de l’Association des parents d’élèves avec comme rapporteur général le Pr. Salikou Sanogo, président du comité préparatoire du forum.

M. Tembely a dit que grâce à Allah, le forum s’est bien passé. Le consensus issu de ces assises est salutaire, car personne ne viendra construire le Mali à notre place. Que Dieu donne la force aux nouvelles générations pour la relève.

A cette cérémonie de clôture, une motion a été adressée au président de la République pour sa cause noble en faveur de l’école et au Premier ministre pour sa belle initiative.

Pr. Eloi Diarra, au nom de la diaspora malienne, a donné l’assurance de leur soutien constant à la construction de l’édifice de la nation. En conclusion, il dira que rien ne changera que si chacun de nous ne remet pas en cause ses responsabilités car le reflet du développement d’une nation se mesure au niveau de son système éducatif.

Le premier ministre

Dans son discours de clôture, Modibo Sidibé a exprimé toute sa satisfaction. Cependant, le forum, a-t-il ajouté, ne saurait être une panacée pour gommer d’un trait toutes les difficultés auxquelles notre système éducatif est confronté. Il constitue la première étape d’une marche commune vers une école réconciliée avec ses propres valeurs et à celles qui ont toujours fait la grandeur de notre nation.

C’est sur ces notes d’espoir qu’il a demandé l’implication sans faille de chacune des parties prenantes dans l’application des recommandations du forum.

Enfin, comme à l’ouverture, l’hymne du Mali a permis de clôturer les quatre jours de travaux de ce forum.


Les recommandations

1) L’Education est la première des priorités et que la première responsabilité incombe à l’Etat en tant que gestionnaire de la société globale, et, qu’à ce titre le gouvernement doit :

– garantir au système éducatif les ressources humaines, financières et matérielles nécessaires pour atteindre ses objectifs quantitatifs et qualitatifs ;
– créer un mécanisme de financement interne de l’éducation ;
– rendre effective la gratuité de l’enseignement fondamental et l’obligation scolaire ;
– instaurer des filières courtes et qualifiantes en particulier au niveau de l’enseignement supérieur ;
– harmoniser les systèmes de recrutement, de formation et de rémunération des enseignants fonctionnaires, contractuels de l’Etat, des collectivités et des communautés, des éducateurs du préscolaire, des centres d’éducation pour le développement, des animateurs des centres d’alphabétisation et centres d’apprentissage féminin ;
– concevoir, élaborer et mettre en œuvre une stratégie alliant l’adéquation demande-offre-scolaires ;
– faire de l’achèvement universel de six années de scolarisation un objectif prioritaire ;
– promouvoir les voies et moyens propices à l’émergence d’une école qui répond aux besoins de ressources humaines compétentes et qualifiées du secteur privé et du développement du pays ;
– refonder et se réapproprier l’enseignement technique et professionnel moteur de tout développement moderne, économique et social ;
– mettre un accent particulier sur la recherche scientifique ;
– promouvoir une politique d’encouragement de la production du livre ;
– engager une politique rigoureuse en vue de l’amélioration significative de la qualité des apprentissages scolaires ;
– adopter une politique et des stratégies adaptées pour la gestion des flux de la maternelle à l’université ;
– assainir et moraliser le système éducatif y compris le secteur privé laïc et confessionnel ;
– réhabiliter et promouvoir les langues nationales en vue de leur utilisation efficiente dans les apprentissages.


Des points d’ajustement

Le forum recommande également que la situation actuelle de notre système éducatif nécessite des ajustements voire des remises en cause. De ce fait, il devient nécessaire de :
– revaloriser les conditions de rémunération, de vie et de travail des enseignants et chercheurs au regard de l’évolution des coûts de la vie ;
– œuvrer à la tenue régulière des évaluations ;
– renforcer les services déconcentrés de l’administration d’Etat et des administrations scolaires et universitaires conformément à la politique de décentralisation adoptée par le gouvernement ,
– assurer un contrôle régulier de toutes les structures de l’Education ;
– réaliser un audit de l’enseignement privé laïc et confessionnel en vue d’établir une convention appropriée conformément aux textes en vigueur ;
– garantir la sécurité des personnes et des biens au sein de l’espace scolaire et universitaire ;
– respecter rigoureusement les engagements pris par l’Etat face aux partenaires sociaux.

Responsabilisation face aux défis

Les rôle, responsabilités et les règles du jeu entre les différents partenaires que sont l’Etat, les collectivités territoriales, les communautés, les syndicats d’enseignants, les APE et CGS, les organisations d’élèves et d’étudiants, les promoteurs d’écoles privées, les ONG et associations, doivent être mieux clarifiés et refondés de manière consensuelle et respectueuse de la renaissance de notre système éducatif en y restaurant ses valeurs fortes : éthique, discipline, déontologie, travail, réussite et responsabilité.

Face à l’émergence des nouveaux rapports de forces du 21ème siècle qui bousculent toutes nos certitudes et nous appellent à plus d’imagination, de créativité et d’anticipation, nous, participants au forum national sur l’éducation, sommes déterminés à rompre avec tout ce qui handicape notre école et nous nous engageons ici, solidairement, unanimement et solennellement à œuvrer pour que l’administration scolaire et universitaire puisse faire son travail, que les enseignants enseignent et évaluent, que les élèves et étudiants étudient dans le respect strict des règlements intérieurs, que l’Etat accompagne tous les acteurs, en temps réel.
La nécessité de mettre en place un mécanisme de suivi.


Hady BARRY

04 Novembre 2008