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Dans le souci d’être performant et bien outillé en matière de recherche scientifique et pour répondre aux exigences mondiales afin de développer notre pays, le Rectorat de l’Université de Bamako a organisé le lundi 9 juin 2008 un atelier de réflexion sur l’élaboration des thèmes prioritaires de recherche scientifique au Mali. Cet atelier qui a débuté hier à l’hôtel Tin-Bouctou sis à Missabougou prendra fin le vendredi prochain.

Les Doyens des facultés, les Directeurs Généraux des grandes écoles et des Instituts et les responsables des institutions de recherche en sont les participants.

L’ouverture officielle de l’atelier était placée sous la haute présidence du ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Pr. Amadou Touré. Prennent également part à cet atelier le Recteur de l’Université de Bamako Mme Siby Ginette Bellegarde, le Pr.

Ogobara Doumbo de la Faculté de Médecine de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie (FMPOS), le Pr. Modibo Haïdara, Directeur du Centre National de Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) et les représentants des partenaires techniques et finaniers de l’IRD.


L’objectif attendu

En effet, cet atelier qui va se dérouler sur cinq journées permettra aux responsables de recherche scientifique de notre université de faire l’état des lieux sur la politique nationale en matière de recherche scientifique. Cette présentation a été effectuée par le directeur du CNRST. Il s’agira également de faire la présentation des thèmes prioritaires sectoriels par les représentants des facultés et instituts.

Quant au Pr. Doumbo Ogobara, il a exposé la nécessité d’élaboration d’une politique universitaire en matière de recherche scientifique. Il y aura également les débats sur l’adoption des thèmes prioritaires et des discussions autour du financement de la recherche scientifique de notre université.

En effet, cette initiative de recherche est l’expression d’une volonté affichée de notre gouvernement de faire de notre université un espace d’échanges entre nos grandes écoles et institutions de recherche pour qu’ils soient mieux compétitifs au plan mondial. C’est un projet phare de notre ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique en vue de relever les nombreux défis.

Université, un espace de recherche et de créativité

Après avoir remercié le ministre pour sa présence, Mme le Recteur a rappelé que notre enseignement supérieur, en terme de mission de formation, se définit progressivement comme étant un espace de recherche, de créativité, d’invention et de production scientifique.

En effet, malgré les difficultés, l’Université de Bamako, au cours de ses douze années d’existence, a saisi toute les opportunités pour initier et promouvoir la recherche scientifique dans ses structures.

L’exemple frappant qu’a souligné Mme Siby Ginette Bellegarde est celui de la FMPOS dont les enseignants ont su compétir au niveau international et bénéficient du financement de vastes programmes de recherche menés au Mali dans les laboratoires hautement équipés sur des questions de santé d’intérêt national.

Conscient de l’importance de la recherche universitaire, notre pays, depuis 1998, a octroyé un budget sans cesse croissant de 10 millions pour passer à 200 millions en 2008. Selon Mme le recteur, la finalité globale de ce fonds est d’appuyer l’effort de recherche scientifique entrepris devant contribuer à assurer un plan de carrière aux enseignants.

Pendant cette période, elle a précisé que 200 projets de recherche ont pu bénéficier d’un financement, et que 300 enseignants ont été formés en rédaction des protocoles de recherche et en rédaction scientifique.

Après dix années de gestion, il plait à Mme le recteur que l’on s’interroge sur l’emploi fait jusqu’à présent de ce budget, sur les résultats obtenus en terme de reponse à une préoccupation nationale en matière de promotion des enseignants à travers leurs travaux de recherche. Peut-on aussi s’interroger sur les éléments d’une nouvelle politique de son utilisation au moment où l’université s’apprête à lancer son programme de formation de formateurs.


Les priorités nationales de recherche universitaire

N’est-il pas nécessaire de s’appesantir sur la tenue si vitale de cet atelier? Parce qu’il s’agira notamment de clarifier les priorités nationales, de s’orienter vers la recherche thématique et d’éviter d’éparpiller les ressources entre les petis projets individuels.

Parmi les aspects qui méritent déjà l’attention il y a : les mécanismes de financement, le suivi contrôle et l’intéressement des chercheurs a dit Mme le Recteur. Elle poursuit pour expliquer que la recherche et la formation sont indissociables. Qu’à cela ne tienne, le Mali détient des brillants scientifiques, mais la recherche en la matière n’est qu’à l’état embryonnaire dans certaines structures.

Fort justement, l’objectif du pays est la mise en oeuvre des conditions favorisant l’émergence d’une société savante plurielle et créatrice au Mali. Il est donc incontournable un programme consensuel de recherche à travers une organisation plus efficace plus lisible et plus visible au sein de l’univrsité malienne, a conclu Mme le Recteur.

Une aubaine pour les enseignements du supérieur

Dans son discours d’ouverture, le ministre Amadou Touré était heureux de signaler que la redynamisation de la recherche scientifique prévue dans le cadre du PISE offrira aux enseignants du supérieur, un cadre bien approprié dans l’accomplissement de leur rôle de production du savoir par la recherche et de meilleures formes de transmission aux étudiants.

Elle fournira également à notre pays des cadres compétents et compétitifs, susceptibles d’assurer un meilleur développement scientifique et socio-économique.
Selon le ministre, la recherche scientifique est un élément du développement, et elle le sera davantage dans un contexte ou la compétitivité devient internationale, avec surtout l’ouverture des frontières et la mondialisation.

Conscient de cette réalité, il a signalé qu’au cours de cette cérémonie officielle, l’importance des axes prioritaires conformément aux objectifs du PDES afin de conduire le pays vers les pôles d’excellence. Par ailleurs, le ministre affirmera que le Mali peut s’énorgueillir des résultats obtenus dans le domaine des maladies infectieuses et parasitaires.

La recherche scientifique gagnerait à voir de tels programmes se multiplier, a-t-il indiqué avant d’encourager la mission que mène notre université. C’est à dire la formation de cadres supérieurs compétents pour tous les secteurs de développement de notre pays.


Le Mali peut se développer

C’est en ces termes que le Pr. Ogobara Doumbo s’est exprimé tout au long de son exposé. Oui, le Mali peut se développer, à condition que chaque enseignant universitaire se fasse cibler dans son domaine par ses recherches scientifiques. Car on ne peut être un enseignant dans une grande école sans être un chercheur.

De même, un chercheur doit obligatoirement préparer sa relève, sinon on serait stérile, une coquille vide pour son pays. Aussi l’anglais, la technologie et le voyage de ce dernier pour chaque 3 mois, sont des nerfs dans la recherche scientifique d’un chercheur.

En conclusion, le professeur a expliqué que les chercheurs scientifiques de notre pays doivent former un bloc fédérateur pour être plus compétitif.


Hady BARRY

12 Juin 2008