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Un manque à gagner de 6 milliards de Fcfa.
Face à cette situation jugée catastrophique, les hauts responsables de la Direction Générale des douanes viennent d’exiger de toutes les structures douanières (sous-Directions, Directions Régionales, Bureaux, Brigades) une note de conjoncture, sont très attendues.

Mais déjà, au sein de certains services douaniers, des raisons et non des moindres sont avancées pour justifier la contre-performance réalisée au mois de juillet dernier. Selon un cadre douanier, certaines décisions politiques prises tout récemment sont à la base de cette chute des recettes douanières.

Cas des exonérations accordées sur les céréales pour freiner l’insécurité alimentaire. Si cette décision politique est salutaire à tout point de vue sur le plan social, elle grève les services douaniers d’une entrée financière certaine.

En effet, affirme-t-il, avec ces exonérations même les opérateurs économiques qui n’ont pas l’habitude d’intervenir dans ce secteur sont tentés de s’y lancer à cause des facilités et des opportunités commerciales.

L’exonération accordée à la SOTELMA dans ses transactions commerciales pour lui permettre de tenir tête à la concurrence aurait aussi privé les Douanes des recettes d’un gros client qui versait bon an , mal an des millions de Fcfa.

Autre chose : la mesure d’allégement en faveur des pétroliers pour pallier au déficit du volume de remboursement constaté chez l’État. En effet, depuis quelque temps, l’État ne parvient plus à faire face à son engagement de rembourser une partie de la transaction faite dans les opérations d’Hydrocarbures.

L’enveloppe financière prévue à cet effet dans le budget de l’État étant épuisé, les pétroliers maliens se trouvent dans l’impossibilité financière de supporter seuls les charges financières de cette opération coûteuse.

C’est pour ne pas les handicaper, affirme notre douanier, que l’État s’apprête à prendre des mesures d’allégement. Depuis l’annonce de cette nouvelle, avance-t-il, aucun pétrolier ne veut plus faire d’opération avant que cette mesure ne tombe.

La conséquence, est qu’aujourd’hui des citernes sont bloquées volontairement dans les ports voisins ou en dehors du territoire douanier malien. Cette situation aussi cause un préjudice aux services de recouvrement des recettes douanières.

Les relations avec l’UEMOA aussi ne sont plus au top. Selon notre interlocuteur, la douane malienne attend toujours de cette organisation un milliard de Fcfa qui devait être versé au mois de juillet dernier.

Cet argent bien que comptabilisé dans les comptes du mois de juillet n’a jamais pu être encaissé.

Ajoutez y le ralentissement du mouvement des marchandises dû aux fortes pluies qui s’abattent actuellement, les conséquences de la conjoncture Économique internationale, on comprendrait facilement pourquoi les recettes douanières ont chuté le mois dernier.

Cette situation était d’ailleurs attendue par les responsables douaniers, affirme notre interlocuteur.

Selon lui, pour prévenir le faible taux de recouvrement des recettes douanières constaté depuis le 20 du mois de juillet, une mission composée de hauts responsables de la douane et conduite par le Chef du Bureau du Contrôle interne (BCI) a sillonné toutes les structures douanières pour s’enquérir de la situation sur le terrain.

Birama Fall

12 août 2005