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L’Etat tchadien a lancé jeudi un recensement physique des effectifs de la police pour « constater ceux qui ne viennent pas au travail » et « maîtriser la masse salariale », a déclaré vendredi à l’AFP le porte-parole de la police Paul Manga. Chaque policier devra présenter « l’arrêté d’intégration, l’arrêté d’avancement et (celui de) la titularisation », a-t-il précisé, soulignant que « c’est un contrôle de routine qu’initie chaque année l’Inspection générale d’État ». Confronté à une profonde crise économique depuis la chute du cours du baril en 2014, N’Djamena doit réduire la masse salariale à la charge de l’Etat dans le cadre du programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Comme d’autres pays d’Afrique centrale, le Tchad a reçu une facilité de crédit du FMI, de 312,1 millions de dollars sur trois ans. Cet objectif de réduction de la masse salariale a soulevé de nombreuses grèves depuis le début de l’année. En janvier, le gouvernement avait réduit de 50% les primes et indemnités des fonctionnaires – déjà réduites de 50% en 2016. Cette mesure d’austérité avait entraîné pendant deux mois une forte grogne sociale. Parvenus à un accord avec le gouvernement, les syndicats des services publics ont de nouveau appelé à la grève illimitée fin mai. Celle-ci est toujours en vigueur. Le Tchad, pays de près de 15 millions d’habitants, compte environ 92.000 fonctionnaires civils.AFP