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Commencé le 1er avril 2009, le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) se poursuit normalement malgré quelques petites difficultés constatées ça ou là.

Le 4e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) a débuté le mercredi 1er avril 2009 sur toute l’étendue du territoire national et doit en principe s’achever le 14 avril. Le RGPH 2009 intervient après ceux de 1976, 1987 et de 1998. C’est un ensemble d’opérations qui prévoient notamment le dénombrement exhaustif de la population, c’est-à-dire un comptage de toutes les personnes résidentes ou présentes sur le territoire national.

Ce recensement permet de recueillir des renseignements sur les caractéristiques démographiques, économiques, sociales et culturelles. Il a un but purement statistique, car il s’agit de connaître le nombre exact des Maliens et des ménages et d’actualiser les données. Les donnés collectées à l’issue de l’opération permettront au gouvernement et ses partenaires d’adapter leurs politiques de développement au contexte nouveau.

Pour que l’opération réponde aux attentes, la direction technique du Bureau central des recensements, a recruté 25 000 agents recenseurs, qui sont dans leur écrasante majorité des enseignants auxquels s’ajoutent des agents de l’administration et quelques jeunes diplômés sans emploi.

Selon Mme Doumbia Assa Gakou, directrice technique du Bureau central des recensements, « depuis le 28 mars dernier, les agents ont commencé les activités préliminaires ».

Vendredi 3 avril, il est 8 h. Nous sommes à Torokorobougou (Commune V). Dans la rue 349, l’équipe de recensement, dirigée par Sidy Sow, est au rendez-vous devant un cybercafé. Le chef s’assure que ses agents ont tous leurs dossiers au complet.

L’équipement qui doit contenir, entre autres, les questionnaires, le manuel de l’agent, les fiches de numérotation, le registre de visite, les bordereaux de transmission, les lettres de rendez-vous et un badge. Après cette phase de vérification, la journée de travail commence.

Les agents se dispersent et chacun cible une famille. Il s’agit, pour l’agent, de collecter les renseignements concession par concession et ménage par ménage. La méthode de collecte est le porte-à-porte avec l’interview directe de la population.

L’agent recenseur s’adresse aux personnes du ménage et remplit le questionnaire « ménage » sur la base d’une libre déclaration de chaque personne. En aucun cas, les habitants ne doivent venir vers eux pour être recensés.

Habillés en T-Shirt blanc aux couleurs du RGPH, sac en main, les agents recenseurs M. Sow et son collègue S. Daou sont accueillis par le chef de famille Issa Diarra. Après les salamalecs, celui-ci les autorise à s’asseoir. L’agent Sow sort de son sac une fiche de renseignement portant des questionnaires.

Cette fiche nominative relève l’identité de chaque membre de la famille et les données sur les locaux à usage d’habitation, le mode de vie et les déplacements des populations maliennes de Kayes à Kidal, même de l’enfant qui vient de naître.


Adhésion

Pour la réponse aux questionnaires, les textes sont clairs. Toute personne âgée de 15 ans peut se permettre de répondre aux questions. Et MM. Sow et Daou de nous expliquer que « les parties du questionnaire relatives au ménage sont remplies très généralement en posant des questions au chef de ménage ou son représentant. Ce représentant doit avoir au minimum 15 ans et être en mesure de donner toutes les informations sur le ménage ».

Toutefois, il arrive souvent que les agents recenseurs ne trouvent pas d’interlocuteur dans des familles. « Si au premier passage, le chef de ménage est absent et qu’il n’y a aucun membre du ménage capable de fournir les informations demandées, nous remplissons et déposons une lettre de rendez-vous auprès de la personne la mieux indiquée », précise Oumou Kéita, chef de l’équipe 5 de Baco-Djicoroni (Commune V).

Si malgré les multiples visites, aucun membre n’est capable de fournir les renseignements demandés, des alternatives sont prévues. « Les agents remplissent le questionnaire avec des renseignements fournis par des voisins, des parents ou d’autres personnes qui connaissent bien le ménage et aussi avec l’aide du chef de la localité », ajoute-t-on.

A la sortie de la concession, l’agent fait un marquage à la craie de façon lisible et visible au-dessus de la porte d’entrée sur 3 positions et hors de portée des enfants. Les numéros sont précédés de l’intitulé « RGPH ».


Dans une concession,
les ménages sont numérotés de façon séquentielle de 1 à l’infini. « Quand un logement n’est pas habité, les agents recenseurs portent le n° « 000 ». Le numérotage des constructions de la concession se fait différemment. Il concerne les constructions habitées et celles destinées à être habitées », affirme Aliou Konaté, agent recenseur à Baco-Djicoroni.


Cependant
, souligne-t-il, l’équipe ne met pas de numérotation sur les constructions qui ne sont pas à usage d’habitation telles les dépendances (greniers, toilettes, vestibules, poulaillers, écuries entre autres), les boutiques non habitées. « Elles ne doivent pas porter de numéro mais seulement une croix et seront comptabilisées et enregistrées dans les colonnes du registre de visite ».

Mais, lorsqu’une de ces constructions sert d’habitation, elle doit porter un numéro. Le numérotage des constructions se fait en même temps que celui des concessions et ménages. Lorsqu’une concession reçoit un numéro, l’agent y entre et porte un numéro sur les constructions qu’elle contient.

L’appel des décideurs et les actions de la société civile ont beaucoup contribué au bon déroulement du recensement. Les différentes campagnes de sensibilisation (sketches) ont permis de lever le doute chez les plus sceptiques.

« Ce sont les sketches de Zantigui et autres passés à la télévision nationale et sur les radios privées qui ont fait que je suis devant vous ce matin, sinon au départ je n’étais pas partant. Je croyais que le recensement avait d’autres objectifs », dit Alou Kéita, un charpentier à la retraite. Des propos confirmés par l’agent recenseur Salif Daou : « Partout où l’on passe à quelques exceptions près, nous sommes très bien accueillis et les informations nous sont données ».

C’est dire que l’appel lancé par la directrice régionale du plan et de la statistique, Mme Dembélé Djénéba Elizabeth Camara pour une bonne collaboration des populations a été entendu. Aux agents recenseurs, elle demande beaucoup de courage, le sens élevé de la tolérance et de la compréhension.

Cependant, l’arbre ne doit pas cacher la forêt. Des difficultés sont signalées un peu partout. Elles sont d’ordre humain et matériel. Des agents recenseurs se plaignent de ne pas être dotés en matériels de travail. Certains fustigent le comportement des responsables qui les ont privés de T-shirts, crayon.

« Jusqu’audeuxième jour, nous n’avions pas de fiches d’identifications ». Toutes choses, aux dires de notre interlocuteur, qui auront des conséquences fâcheuses sur le bon déroulement de la campagne.

Sur le terrain, c’est l’insuffisance d’agents dans des localités. « Certains après la formation et en plein travail nous ont abandonnés. Ce qui fait que nous sommes en nombre insuffisant », dit l’agent recenseur M. Daou. Cette démission, à l’en croire, risque d’avoir des répercussions. « Nous craignons que le travail puisse finir dans le délai imparti », dit-il.


Amadou Sidibé

07 Avril 2009