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La Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) file actuellement du mauvais coton. La société est au bord du gouffre avec les pertes records de 50 milliards de francs Cfa enregistrées lors de la dernière campagne. Le montant des fonds propres est du coup passé en dessous de 50% du capital social.

Ce qui selon la réglementation de l’Office d’harmonisation africain du droit des affaires (OHADA) équivaut à dissoudre la société où à le recapitaliser. A défaut de faire le dépôt de bilan, les actionnaires de la CMDT (Etat malien 60% du capital et Dagris
40%) ont opté pour le recapitalisation.

Pour ce faire il faudrait un apport d’argent frais de 6 milliards de francs Cfa. Une somme que les actionnaires devraient se partager proportionnellement à leurs parts d’actions. Autrement dit l’Etat malien devait débourser 3,6 milliards de francs Cfa contre 2,4 milliards pour Dagris (dont le capital est détenu à 64,7% par l’Etat français).

Lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 16 septembre dernier qui a statué sur la question le partenaire français n’a pas voulu immédiatement libérer sa part. Pour le Groupe agro industriel public français une telle opération ne se fait pas dans la précipitation d’autant plus que la date limite pour reconstituer les fonds propres court sur deux ans.

L’autre argument développé est que Dragris qui est elle-même en phase de privatisation ne peut faire aucun investissement avant la fin du processus. Le PDG de Dagris, Gilles Peltier a simplement proposé de récupérer les 2 milliards que Huicoma lui doit pour le remettre à la disposition de la CMDT.

Une perspective qui n’a pas eu l’agrément de la direction CMDT d’autant plus Huicoma doit aussi à cette dernière la coquette somme de 18 milliards de francs Cfa. Des sommes difficiles à recouvrer dans la mesure où le Groupe Tomota qui a racheté Huicoma n’assume pas le passif.

Le refus de Dagris de libérer rapidement les cordons de la bourse a créé une nouvelle situation au sein de la CMDT car l’Etat s’est engagé à payer seul les 6 milliards de la recapitalisation.

Ce qui marque du coup le recul du Groupe français dans le capital de la société cotonnière. La nouvelle configuration donne 75,3% du capital de la CMDT à l’Etat malien contre 24,7% à Dagris.

Mais pour Bernard Jacquin, directeur général adjoint de la CMDT, représentant Dagris, rien n’est joué. Car “ Dagris n’a pas dit niet ” mais a demandé plus de temps pour que les choses se fassent conformément à la procédure.

Pour lui, la manière avec laquelle les choses ont été décidées lors de l’Assemblée générale extraordinaire la procédure n’a pas été respectée. Il y a un délai à observer pour que les actionnaires libèrent leurs fonds.

Même si virtuellement Dagris détient moins de 25% du capital du numéro du coton malien, tant que les choses ne sont pas définitivement actées rien n’est sûr.

Reste que la CMDT a actuellement grand besoin d’argent pour sortir de la mauvaise passe en attendant sa privatisation programmée en 2008.

F. Traoré

07 octobre 2005.