Partager

L’élection des membres consulaires de la CCIM du district de Bamako du 5 octobre 2006 a été émaillé d’incidents. La victoire du président sortant, Jeamille Bittar, fait toujours l’objet de contestations de la part du camp opposé conduit par Ousmane Guittèye.

Le principal grief de cette tendance est « l’utilisation abusive et inconsidérée de procurations ». Selon les résultats publiés aux lendemains du scrutin, Jeamille Bittar a remporté le vote par 305 voix en votes physiques contre 405 suffrages exprimés par procurations. Les mêmes résultats globaux donnent 519 voix à Ousmane Guittèye pour zéro procuration.

Des enquêtes menées par le camp Guitteye ont révélé qu’un individu répondant au nom de Mamadou Seyba Traoré, ex-conseiller municipal en Commune II, est à la base de leur malheur. Il serait le principal signataire des milliers de procurations utilisées par les électeurs de Bittar.

Le jour du vote, des cartons remplis de feuilles vierges de procurations ont été saisis par des proches de Guittèye sur des gens supposés travailler pour la partie adverse. D’autres procurations portaient le sceau de Lassana Coulibaly, 3e adjoint au maire de la Commune VI et d’une dame de cette même commune.

Sur la base de ces faits, le camp Guittèye a introduit une plainte au Tribunal de la Commune III avec caution de partie civile. Le juge d’instruction qui a écouté le suspect l’a placé sous mandat de dépôt vendredi après-midi pour usurpation de titre, faux et usage de faux.

Déchu de son titre

Mamadou Seyba Traoré qui fut conseiller municipal en Commune II a été déchu de son titre par l’arrêt n°123 du 21 octobre 2005 de la Cour suprême. C’est pourquoi, le maire de la Commune II, Gaoussou Ly, qui avait eu vent de son agissement par presse interposée avait lui aussi menacé de porter plainte contre lui pour que soient retenus contre lui les mêmes chefs d’inculpation.
M. Traoré aurait agi en connaissance de cause. Selon nos informations, il est membre suppléant n°17 sur la liste de la section commerce de Jeamille Bittar enregistrée sous le n°1143. Tout le week-end, la prison centrale a été le théâtre d’incessants va-et-vient de partisans de Jeamille Bittar.

Il faut rappeler que la crainte de ces fraudes massives était l’une des raisons qui avaient poussé le camp Guitteye à demander au ministre de l’Industrie et du Commerce, Choguel Kokalla Maïga à annuler l’utilisation de procurations aux échéances du 5 octobre 2006. Une inquiétude qui n’a jamais été prise en compte puisque le ministre leur avait fait savoir que l’un des camps (celui de Bittar) avait beaucoup dépensé pour la confection des procurations.

Il appartient à la Cour suprême de démêler cet enchevêtrement.

Abdrahamane Dicko

26 dec 2006