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Le dernier réaménagement de l’attelage gouvernemental du 22 juin 2013 a suscité beaucoup de polémiques. Allant jusqu’à la découverte d’une lettre du Fonds monétaire international intitulé « note confidentielle du FMI sur les raisons du changement du gouvernement » parue dans les journaux.

Dans une correspondance, non officielle du FMI, on tentait d’expliquer les raisons du départ du ministre Tièna Coulibaly du ministère de l’Economie, des finances et du budget par son refus de cautionner certaines transactions financières concoctées par certains hauts responsables de la transition, qui doivent être conclues avant la fin du mandat du gouvernement intérimaire.

Selon ladite correspondance, ces opérations concernaient la signature de l’accord de prêt que le gouvernement veut signer avec la banque chinoise Exim, pour financer un projet du Réseau national de sécurité à hauteur de 26 milliards de F CFA (39 millions d’euros, qui sera exécuté par l’entreprise chinoise ZTE. Le Ministre de l’Economie, des finances et du Budget, Tiéna Coulibaly aurait résisté à la signature de ce prêt parce que, le projet est techniquement superflu. Toutes ses caractéristiques de sécurité sont incluses dans un projet de fibre optique chinoise déjà en cours d’exécution.

Mais, contre toute attente, nous sommes parvenu à mettre la main sur la lettre «confidentielle, très urgente » du Ministre Tièna Coulibaly, datée du 02 septembre 2012 adressée à Monsieur Zhu Ying, directeur régional, Division Afrique, Export-Import Bank of China, 77, Beheyan Sheet, Dongeheng district Beijing. Cette lettre est relative au projet de réseau de sécurité nationale. Dans son adresse, le ministre de l’Economie, des finances et du budget d’alors, Tièna Coulibaly disait ceci :

«Monsieur le directeur,
Sur instruction de Monsieur le Premier Ministre de la République du Mali, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir considérer que ma lettre en référence ci-dessus est caduque. (Lettre N° 01679/MEFB-SG du 24 mai ndr)
Par conséquent, je vous saurais gré d’instruire la requête relative au projet de sécurité nationale par l’entreprise ZTE.

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, à l’assurance de ma très haute considération ». Cette correspondance porte à croire que même si le Ministre Coulibaly avait émis des réserve quant à la signature du projet, il a fini par par l’accepter. Sinon, il aurait démissionné de lui-même avant de rédiger la présente lettre.

Est-ce le cas pour tous les autres projets ? Car dans sa réaction à la note du FMI, le gouvernement a, dans son communiqué du 28 juin annoncé que le dossier relatif au réseau national de sécurité, à la date du 22 juin 2013, était à l’étude au niveau du Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget. Et que le premier responsable de ce Département devait solliciter l’avis du FMI, avant de soumettre le dossier à l’appréciation du Premier Ministre. A cette date, le Premier Ministre n’a pas encore reçu ledit dossier ; donc aucune décision n’a encore été prise.

Idem pour le prêt relatif à l’achat de camions, que l’Etat malien, conformément à sa politique de désengagement de certaines activités, adoptée à la suite d’un accord conclu dans les années 1980 avec le FMI, ne saurait s’engager dans l’achat de véhicules de transport le dossier concernant la vente d’une partie du patrimoine immobilier de l’Etat, qui devait faire l’objet d’une concertation entre le Ministère en charge des affaires foncières et le Ministère de l’Economie, des Finances et du Budget, ne lui a pas encore été transmis. Aucun projet de vente de ce patrimoine n’existe au niveau du Gouvernement, précisait le communiqué du gouvernement.

Oumar KONATE

Le Prétoire du 11 Juillet 2013