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Le chef du Contrôle Général des Services Publics, Amadou Gadiaga, s’est longuement expliqué, il y a quelques jours, au Pôle économique sur la production par son service de deux rapports contradictoires sur la gestion de Tiébilé Dramé, en sa qualité de président du Comité national d’organisation du sommet Afrique – France. Le premier est favorable au président du PARENA tandis que le second l’accable.

ll y a un élément nouveau dans le dossier de Tiébilé Dramé relatif à sa gestion à la tête du Comité national d’organisation du sommet Afrique-France : le chef du Contrôle Général des Services Publics, Amadou Gadiaga, a été entendu contre sa volonté au Pôle économique.

En effet, suite à une enquête sur cette affaire, le juge assistant du Pôle économique a jugé nécessaire d’entendre ce haut cadre de l’Etat.

Dans un premier temps, il avait catégoriquement refusé de s’y rendre. Avant d’obtempérer, à la demande expresse du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, qui lui aurait conseillé «d’aller répondre à la justice de son pays».

C’est ainsi qu’il s’est longuement expliqué sur la dualité du rapport rédigé par quatre de ses contrôleurs. Il s’agit de Abdou S. Coulibaly, Mme Irène Nasiré, Sidi Kanouté et Daouda Coulibaly.

Rien n’a filtré de sa déposition. Des milieux proches de ce service public laissent entendre, cependant, que le premier rapport rédigé par ce quatuor et transmis à Tiébilé Dramé, le 13 mars, avec injonction d’y répondre dans les 48 heures, n’est ni daté ni signé.

Ce document qui reconnaît la bonne gestion de Tiébilé Dramé sera tripatouillé et réécrit. Des nouveaux éléments y apparaissent et le président du PARENA les découvre, à sa grande surprise, le 4 septembre 2006, au Pôle économique.

D’abord, on lui reproche un matériel manquant de près de 35 millions de FCFA qui ne figurait point dans le rapport original soumis à l’intéressé pour contradiction. Entendez par matériel manquant : les salons, les banquettes et fauteuils bourrés, les motos, les téléphones portables, les mégaphones, les haut-parleurs, draps et autres ordinateurs.

Ensuite, les quatre contrôleurs le chargent d’avoir accepté ce qu’ils appellent des «dépenses inéligibles». Il s’agit des indemnités payées au Contrôleur général de police, Magloire Kéïta, chargé de la liaison de sécurité, des «gratifications» de 200 000 FCFA payées à M. Sory Ibrahim Ba, chargé du protocole, à l’occasion du décès de sa mère et deux autres «gratifications» de 50 000 FCFA et 170 860 FCFA payées à deux secrétaires pour des cas sociaux.

De plus, ils ont relevé dans la gestion de Tiébilé Dramé un dépassement budgétaire de 643 412 896 FCFA. Ce qui est loin de constituer une infraction au regard de la loi malienne, dans la mesure où il est bien justifié. Ce qui est différent d’un détournement de deniers publics.

Enfin, les mêmes contrôleurs notent qu’ «il y a eu la passation de 24 marchés pour un montant de 5 604 413 311 FCFA sur lesquels 2 147 307 150 FCFA restent à payer». Ce marché a été, en réalité, discuté entre le ministère des Finances et l’entreprise chinoise COVEC. Et c’est le Conseil des ministres qui l’a attribué à cette entreprise.

Est -il nécessaire de rappeler que le PARENA avait battu en brèche tous les griefs formulés à l’encontre de son chef qui est «blanc comme neige».

Avec l’audition du chef du Contrôle Général des Services Publics, Amadou Gadiaga, le dossier de Tiébilé Dramé prend un coup d’accélérateur et pourrait être bouclé dans les jours qui suivent. Et il reviendra au procureur Théra de le prendre totalement en main.

Dans son intime conviction, il décidera si oui ou non Tiébilé Dramé est coupable des faits qui lui sont reprochés.

Chahana TAKIOU

24 août 2007.