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Aujourd’hui avec le retour à Alger, du président Boutéflika qui a effectué des visites à Dakar et au Moyen orient, la mission du ministre des Affaires étrangères, Moctar Ouane, et du président du Haut conseil des collectivités territoriales du Mali, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haidara, est revenue à l’ordre du jour à Bamako.

Pendant ce temps, les appels se multiplient pour une reprise de la médiation algérienne, tant bien du côté des responsables politiques maliens, du côté des élus et notables de la région de Kidal, que de celui des rebelles eux-mêmes et des partenaires techniques et financiers du Mali.

Mais les hautes autorités, elles mêmes, semblent être atteintes d’une hémiplégie, ne posant aucun acte visible pour le retour dans la médiation du facilitateur algérien. Cette médiation doit reprendre dans l’intérêt des deux pays.

Si les émissaires du gouvernement malien, à savoir, le ministre des Affaires étrangères, Moctar Ouane, et le président du Haut conseil des collectivités territoriales du Mali, Oumarou Ag Mohamed Ibrahim Haidara, n’ont pas effectué le déplacement d’Alger en avril dernier, en vue de rencontrer le président Abdoul Aziz Bouteflika, c’est parce que ce dernier n’était pas présent dans son pays.

Après un premier voyage à Dakar, Boutéflika a séjourné au moyen orient.

Les émissaires maliens, dont l’objet de la mission était de demander le retour de l’Algérie dans la médiation, ne pouvaient alors qu’attendre le retour du président dans son pays pour le rencontrer.

Aujourd’hui, Bouteflika qui est de retour pourrait certainement prêter une oreille attentive à la requête de nos autorités pour que l’Algérie retourne dans la médiation et joue, comme il l’a toujours fait depuis les années 60, son rôle de facilitateur dans la crise que connaît notre pays dans sa partie septentrionale.

Boutéflika pourrait certainement passer l’éponge sur les attaques dont son pays a fait l’objet dans les journaux maliens proches du pouvoir, et s’impliquer dans la recherche d’une solution durable à la rébellion au nord Mali.

Et cela dans l’intérêt de nos deux Etats et pour le renforcement de la coopération entre le Mali et le pays avec lequel, il partage une longue et large frontière, dont la particularité est le vaste désert du Sahara, caractérisé par l’insécurité et les conditions de vie extrêmement difficiles.

L’Algérie pourrait revenir dans la médiation d’autant qu’à l’unanimité, autorités politiques maliennes, sociétés civiles, élus locaux et nationaux, les partenaires du Mali, ainsi que les membres de l’Alliance touareg du nord Mali pour le changement (ATNMC), la reconnaissent comme le facilitateur traditionnel dans cette crise et lui demandent d’être dans son rôle.

La situation au nord de notre pays requiert l’attention de tous les amis du Mali. Elle a besoin de l’attention des voisins, mais de tous ceux qui veulent œuvrer dans l’optique d’un développement durable et de la fin définitive de la rébellion pour un nord Mali paisible.

Nous avons certainement besoin d’aides humanitaires pour les populations déplacées à la faveur d’une reprise des armes par les rebelles et par l’armée malienne, mais nous avons surtout besoin d’appliquer l’accord d’Alger, pour un développement du nord, seul prétexte avancé par les rebelles pour retourner le fusil contre leur pays.

Aujourd’hui, le constat est clair, aucun des acteurs au nord ne respecte plus l’accord d’Alger qui a valeur d’une loi de la République du Mali. Les membres de l’Alliance du 23 mai, à la faveur de l’assassinat d’un commandant touareg de l’armée malienne, ne se sentant plus en sécurité, ont regagné le maquis même s’ils n’ont pas rejoint Bahanga.

N’est ce pas cette situation qui explique les attaques répétées des camps militaires par des groupes armés ? Pendant que l’armée est concentrée dans la région de Kidal, les groupes armés viennent frapper plus au sud, à Diabaly, Dogafry dans le cercle de Niono, à quelques quatre cents kilomètres de la capitale, Bamako.

L’alternative crédible est une vraie médiation. A défaut d’une médiation interne malienne, le salut se trouve dans la médiation qui repose sur le dialogue, la négociation avec des arguments pour un développement durable et non avec des valeurs sonnantes et trébuchantes du pétro- dollar dont nul ne sait l’issue.


B. Daou

09 Mai 2008