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Après un long moment d’accalmie dans le septentrion malien, nous assistons à une reprise des hostilités de la rébellion. En effet, c’est le samedi dernier, tôt dans la matinée, que les hommes de Ibrahim Ag Bahanga ont repris les armes en attaquant le camp militaire de Nampala non loin de la frontière du Mali avec la Mauritanie. Cette attaque, selon les sources officielles, a fait 9 morts du côté de l’armée régulière et 11 de celui des rebelles et plusieurs blessés.

Ces attaques sont l’oeuvre des hommes de Ibrahim Ag Bahanga réputés trafiquant d’armes et de drogues. Pourquoi cette reprise des hostilités dans le septentrion malien? Se demande-t-on au sein de l’opinion publique nationale dont une frange croyait que le terrain était balisé pour que cessent pendant longtemps les attaques rebelles.


L’esprit de dialogue et de règlement pacifique compromis?

Le Mali, dans le cadre de la gestion de la crise au nord, a toujours privilégié la voie du règlement pacifique avec l’arrivée d’ATT au pouvoir. Pour cette raison, les autorités actuelles ont essuyé beaucoup de critiques de la part des Maliens, toutes sensibilités confondues. De l’autre côté, il y a ceux qui ont soutenu le président de la République pour son esprit de dialogue et son option de règlement pacifique de la question de la rébellion.

Cela a pris du temps, mais les efforts de négociations avaient permis de ramener la paix et la quiétude dans les esprits que tous espéraient durables. Mais les rebelles se sont entêtés au point qu’un moment, les forces de l’armée régulière avaient lancé l’opération dénommée Opération “Jigitugu” dont les résultats ont été particulièrement bien appréciés par l’ensemble de la population.

Un peu partout on se réjouissait de cette initiative qui a permis de mettre un terme, ne serait-ce que pour un bon moment. Mais, avec l’attaque du samedi 20 Décembre, les rebelles ne sont-ils pas ainsi en train de violer tous les accords signés entre eux et les autorités maliennes? Vont-elles continuer à privilégier la voie de règlement pacifique de la rébellion?


La problématique de la gestion de la rébellion

En tout cas, les attaques rebelles reposent la problématique d’une gestion plus durable de l’insécurité dans le septentrion malien. Il urge de changer de méthode d’approche dans la gestion de la rébellion au Mali, un pays où les autorités ont suffisamment donné la preuve de leur bonne foi, de leur attachement aux voies et moyens de règlement pacifique de cette question récurrente.

En effet, il s’agit de créer les moyens de la sauvegarde de l’intégrité du territoire et de la protection des personnes et des biens. Le moins qu’on puisse dire, c’est que les rebelles ont foulé aux pieds tous les accords intervenus.

Nombreux sont d’ailleurs ceux qui les considèrent plutôt comme étant des hors-la-loi, des gens sans foi ni loi qui sont plutôt en train de compromettre les gros efforts que les autorités du pays déploient ces dernières années pour créer le maximum de conditions du développement des régions nord du pays dans l’intérêt de toutes les communautés vivant dans le septentrion malien.

Que vont faire a présent les autorités?

Par cet acte, les rebelles ne sont pas en train de faciliter les choses aux autorités maliennes qui, depuis un bon moment, souhaitent et ne ménagent aucun effort pour tenter de régler la question sans recourir aux armes. Ainsi, on peut affirmer qu’ils contraignent les autorités maliennes à user de la force pour préserver des vies humaines, restaurer les conditions propices à la mise en oeuvre d’actions de développement programmées.

On ne peut dire que rien n’est fait ou que les autorités ont fait peu de choses dans ce sens. En témoignent les actions de développement sur le terrain dans le cadre de la mise en oeuvre du PIDRN. En effet, les évaluations ont été faites par le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et qui démontrent la volonté des autorités maliennes de créer les meilleures conditions de vie des populations du nord.

Aujourd’hui, malheureusement, à cause des caprices de quelques bandits armés, sans foi ni loi, s’adonnant au trafic d’armes et de drogues, il y a des risques de compromettre la paix et les efforts développement par un découragement éventuel des partenaires au développement.

Ainsi, les plus hautes autorités administratives du pays se doivent de circonscrire et de traquer ces ennemis du développement pour éviter que soient compromis les efforts de développement et que soient menacées des vies humaines.

Ce qui est sûr, c’est qu’après toute la bonne compréhension de la part des autorités maliennes, leurs réactions sont d’emblées justifiées. On se rappelle d’ailleurs que le président de la République avait pris l’engagement ferme de poursuivre le règlement pacifique, mais que si les rebelles n’arrêtaient pas, il n’y aurait d’autre alternative que de les traquer dans l’intérêt de toute la nation.

Tout le monde s’était réjoui de cette annonce, étant donné le caractère récidiviste des rebelles, les plus actifs étant considérés comme des bandits, trafiquants d’armes et de drogues.

Le peuple malien épris de paix et aspirant au développement socio-économique pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, difficilement comprendra l’approche prônée par les autorités actuelles qui ne souhaitent pas que se produisent des actes de génocide au Mali. Alors, que faire?


Moussa SOW

22 Décembre 2008