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Iyad le médiateur, le diplomate, est finalement devenu, selon le président de la République, Amadou Toumani Touré, Iyad, le criminel de guerre. En effet, c’est lors d’une interview accordée au Figaro que le chef de l’Etat cite Iyad Ag Ghali, parmi les responsables des atrocités d’Aguel-Hoc. Pourtant, malgré ses sollicitations qui peuvent être diversement interprétées, tout indique que le rebelle s’était inscrit dans la mouvance rebelle.

Dans l’interview accordée au Figaro, le président de la République s’est exprimé sur les atrocités commises à Aguel-Hoc. Il a déclaré : ‘’ Le Mnla qui a revendiqué la victoire porte une lourde responsabilité, mais nous savons que le contingent le plus important du groupe était composé essentiellement de gens d’Aqmi. L’implication d’Aqmi est importante dans ce conflit tout comme celle du groupe islamique touareg Ansar dine d’Iyad Ag Ghali. ‘’ C’est dans ce cadre que le 8 mars, au cours de la Journée internationale des femmes, le président de la République avait parlé de gens à qui il avait beaucoup donné et qui l’avaient trahi.

A propos d’Iyad Ag Ghali, ATT devrait-il vraiment être surpris par quelqu’un qui s’est inscrit dans une mouvance rebelle ? Selon nos sources, Iyad était impliqué dans l’attaque du 28 au 29 juin 1990 de la localité de Tidermène.

A l’époque, le Chef d’Arrondissement, son épouse, un prisonnier et un garde républicain avaient été tués. Le 23 mai 2006, le nom d’Iyad Ag Ghali était encore cité parmi des groupes d’officiers, sous-officiers et militaires du rang qui se sont attaqués aux postes de sécurité de leurs unités respectives (Kidal, Ménaka) et qui avaient emporté armes et munitions. Le lendemain, ils opèrent à Ménaka en faisant 14 morts dont 4 soldats.

Quant à l’attaque d’Aguel-Hoc dont l’implication d’Iyad est avérée, c’est le président de la République, lui-même qui en décrit les horreurs, dans le Figaro : ‘’ La garnison n’avait plus de munitions et il était impossible d’acheminer des renforts. Les soldats qui se sont battus vaillamment ont été faits prisonniers. Lorsque le MNLA a quitté les lieux nous avons découvert une tragédie. 70 de nos jeunes étaient alignés sur le sol.

Les Noirs avaient les poignets ligotés dans le dos. Ils ont été abattus par des balles tirées à bout portant dans la tête. Ceux qui avaient la peau blanche, les Arabes et les Touaregs, ont été égorgés et souvent éventrés. C’est un crime de guerre. Je suis étonné par le silence des organisations internationales sur ces atrocités. Que dit la Cour pénale internationale? Rien. Une commission d’enquête a été chargée de remettre un dossier à la justice malienne. ‘’

Baba Dembélé

Le Républicain du 20 Mars 2012