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Le président de la République par intérim, le Pr. Dioncounda Traoré, sur proposition du Premier ministre, Diango Cissoko, a mis en place samedi une nouvelle équipe gouvernementale. Il n’y a ni sortant ni entrant, mais des déplacements que d’aucuns appellent jeu de chaise musicale. Il pourrait pourtant s’avérer payant même à moins de 2 mois de la fin de la transition.

Un Premier ministre, capitaine de l’équipe gouvernementale, a toujours le privilège d’apporter des modifications à l’attelage pour atteindre les objectifs à lui assignés. C’est dans ce sens qu’il convient d’analyser le réaménagement technique intervenu samedi au Mali. L’objectif est d’assurer la continuité dans l’efficacité. Encore que les titulaires des ministères de souveraineté (Administration territoriale, Défense et Anciens combattants, Affaires étrangères, Justice et Sécurité) sont maintenus à leur poste.

Quoi que réputé rigoureux dans la gestion des affaires, il fallait déplacer Tiéna Coulibaly de l’Economie, des Finances et du Budget pour le Commerce et l’Industrie pour un peu desserrer les cordons de la bourse. Les dépenses publiques se faisaient au compte-gouttes alors que le ministre ne cessait de dire que l’argent était disponible. Une dichotomie qu’il fallait corriger.

Les temps sont durs, il fallait lâcher du lest. Conséquence : le département de M. Coulibaly vole en éclats pour donner naissance d’un côté au ministère de l’Economie et de l’Action humanitaire et de l’autre le ministère des Finances où il est remplacé par son prédécesseur au Commerce et à l’Industrie (Abdel Karim Konaté).

Le nouveau titulaire de l’Economie à laquelle est désormais adjointe l’Action humanitaire n’est autre que Mamadou Namory Traoré. Celui-ci quitte le département du Travail, de la Fonction publique et des Relations avec les institutions sur un bilan mitigé. S’il avait bien entamé sa mission à ce poste en débusquant les personnes mal recrutées dans la fonction publique et les faux diplômes, il avait mal géré la suite et s’était quelque peu mélangé les pédales avec au moins un recrutement pour le moins incongru… à 56 ans.

Désavoué par la Cour suprême, qui a récemment ordonné la réintégration des fonctionnaires qu’il avait mis à la porte, il fallait bien ménager l’homme qui pourrait après tout se montrer efficace à son nouveau poste pour avoir été directeur général de la coopération internationale pendant une décennie.

Il est censé mobiliser autour de l’humanitaire (jusque-là sur la pointe des pieds) et booster les financements en direction du Mali. Dans le domaine de l’humanitaire justement, il reste à débloquer 3 milliards de F CFA promis au Mali par la communauté internationale. Sur ce plan, M. Traoré a le profil de l’emploi.

C’est l’ancien titulaire du portefeuille des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Me Demba Traoré, qui prend les rênes du Travail, de la Fonction publique et des Relations avec les institutions, ce qui représente pour ce jeune avocat une montée en puissance.

Marimpa Samoura, anciennement ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, des Finances et du Budget chargé du Budget, devient ministre de plein exercice des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine.

L’une des nouveautés, c’est la renaissance du ministère du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées confié à Dr. Mamadou Sidibé, précédemment ministre de l’Action humanitaire, de la Solidarité et des Personnes âgées.

Si les autres membres du gouvernement gardent leur poste intact, il convient de noter aussi que le nouveau ministre de l’Economie et de l’Action humanitaire occupe désormais le premier rang dans la préséance après le Premier ministre.

Enfin, on ne compte plus qu’un poste de ministre délégué. Il s’agit du ministère délégué auprès du ministère de l’Administration territoire, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, chargé de la Décentralisation, portefeuille toujours détenu par Abdourahmane Oumar Touré.

A. M. Thiam

25 Juin 2013