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L’important réaménagement du gouvernement Modibo Sidibé, intervenu dans la soirée du jeudi 9 avril, a surpris certains observateurs de la scène politique surtout ceux qui s’attendaient au départ de l’actuel Premier ministre. Le chef de l’Etat a réitéré aujourd’hui plus qu’hier sa confiance en Modibo Sidibé, en le renforçant et en lui donnant les bonnes cartes.

Cela pour lui permettre de contribuer de façon significative à l’amélioration des conditions de vie des populations. Et, pourquoi pas, fort d’un éventuel bilan positif, se positionner pour la présidentielle de 2012.


Le Premier ministre, Modibo Sidibé
, est sorti requinqué à bloc à la faveur du réaménagement ministériel du jeudi 9 avril. Jamais ATT n’avait aussi mis le locataire de la primature sur orbite pour aller à la conquête de Koulouba en 2012. En effet, sur les cinq nouveaux rentrants dans le gouvernement, quatre sont réputés être des hommes très proches de Modibo Sidibé. A commencer par le désormais ministre des Finances et de l’Economie, Sanoussi Touré, Directeur de cabinet du P.M jusqu’à sa nomination. C’est un ami et un aîné de Modibo Sidibé, dans le quartier populaire du Badialan où ils se sont côtoyés et pratiqués depuis leur jeune âge.


Le ministre délégué auprès de ce dernier
, en charge du budget, Lassine Bouaré, est un frère cadet que Modibo Sidibé aime beaucoup pour sa compétence et sa rigueur. C’est pourquoi, il a fortement contribué à sa promotion, en le faisant nommer conseiller technique à la présidence de la République avant de le propulser Directeur général de l’INPS, dernière fonction qu’il occupait jusqu’à son entrée dans l’attelage gouvernemental. Bouaré lui-même dit à qui veut l’entendre que Modibo Sidibé fait partie de ses références.


Salikou Sanogo,
ce professeur de haut niveau, tout nouveau ministre de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, bien qu’étant plus âgé que le chef du gouvernement, n’en demeure pas moins un de ses proches. Son militantisme au sein de l’URD, dont il est l’un des vice-présidents, n’explique pas sa présence au gouvernement. L’explication réside dans le fait qu’il a dirigé la commission d’organisation du forum sur l’école dont les recommandations restent toujours à mettre en œuvre. Ce qui constituera sa mission principale.

Que dire de Abou Sow, l’un des gouverneurs les plus actifs du pays, détenteur d’un Secrétariat d’Etat auprès du Premier ministre, chargé du développement intégré de la zone Office du Niger ? C’est un proche de l’ex-Premier ministre Ag Hamani dont il fut le chef de cabinet. Mais, entre lui et Modibo Sidibé, c’est l’amour de la patrie, du travail bien fait, ainsi que la rigueur dont ils sont crédités, qui ont largement contribué à rapprocher les deux hommes.

Comme on le constate, c’est le leadership de Modibo Sidibé même qui a été renforcé à travers ces choix et avec la création d’un département ministériel, uniquement consacré aux Mines (le pétrole frappe à nos portes et de nouveaux gisements d’or sont annoncés) et confié, à un de ses fidèles parmi les fidèles, Abou- Bacar Traoré, précédemment ministre des Finances.

De mémoire de Malien, aucun des premiers-ministres du pays n’a eu autant de soutien et de confiance de la part d’un président de la République. Modibo Sidibé possède toutes les cartes pour conduire une bonne gouvernance, remettre les Maliens au travail, assainir les finances publiques, accroître les richesses du pays, réussir l’autosuffisance alimentaire. En un mot, stimuler la croissance économique à travers des investissements et l’emploi des jeunes. Voilà le défi qu’il devra relever.

En réalité, le chef du gouvernement joue à quitte ou double. S’il réussit sa mission, il aura de beaux jours devant lui. Ainsi, il pourra inscrire en lettres d’or son nom dans les annales de l’histoire politique du pays en briguant la présidentielle prochaine.

Il en a les moyens et les atouts ne manquent pas. Encore une fois, cette éventualité dépendra du succès que Modibo Sidibé aura engrangé au poste de responsabilité où il se trouve actuellement. Dans cette optique, il devra faire face aux grandes manœuvres politiques orchestrées par l’ADEMA et l’URD (nous reviendrons sur cet aspect, le moment venu).

En revanche, s’il échoue dans cette œuvre de relance nationale, il sortira par la petite porte et n’aura aucune autre opportunité pour rebondir et prétendre briguer la présidentielle de 2012.

Mais, présentement, encore une fois, il a toutes les cartes pour réussir. ATT a joué sa partition. Il reste à Modibo Sidibé de prouver qu’il est à hauteur de mission en améliorant d’une manière ou d’une autre le quotidien des Maliens qui ploient sous le fardeau de la pauvreté, de l’ignorance, de la faim et de la maladie.

La balle est donc dans le camp du Premier ministre. A suivre


Chahana TAKIOU

14 Avril 2009