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ATT a choisi la solution de facilité en sacrifiant sur l’autel de la demande sociale la ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie.

Le réaménagement technique du gouvernement intervenu vendredi dernier, apparaît aux yeux de l’opinion publique comme un non-événement. Le départ de Mme Bah Fatoumata Nènè Sy est loin d’être la solution au problème de la vie chère, de la corruption, de l’école et même de l’incapacité du gouvernement à faire face aux préoccupations majeures des citoyens.

ATT a dû être influencé par les récriminations dont la désormais ex-ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie a fait l’objet au moment de sa nomination et tout au long de son séjour dans le gouvernement sur son cursus universitaire et sa compétence à diriger son département.

Un autre élément qui n’a pas plaidé en sa faveur est le bruit qui a couru ces derniers temps sur ses rapports tendus avec les opérateurs économiques. Ce cocktail de préjugés défavorables ont fini par avoir raison de Mme Bah, immolé sur l’autel de la demande sociale.

Mais en procédant de la sorte, ATT a joué la politique de l’autruche car il s’agit toujours pour lui de déplacer les problèmes. Il n’a pas encore résolu le tiers des problèmes et n’entend manifestement pas le faire.

Exos à tour de bras

Lors de sa conférence de presse du 1e avril, le secrétaire général de l’UNTM mettait en cause la compétence du gouvernement. Il dénonçait également les exonérations accordées à des opérateurs économiques triés sur le volet comme Modibo Kéita de GDCM, Bakorè Sylla de GGB et même le vénéré Chérif de Nioro du Sahel.

Sur le plan des exos, la simple logique permet de savoir que son attribution est du ressort du ministre des Finances. Ce dernier n’a pas non plus un pouvoir discrétionnaire immuable dans le domaine. Son choix est le plus souvent guidé.

Dans ce capharnaüm de népotisme et de clientélisme, il serait injuste de pointer du doigt un seul individu. S’il s’agit de contrôler les prix, combien d’exonérations ont été accordées avant la nomination du ministre Mme Bah et qui n’ont pas du tout contribué à baisser les prix ? Personne n’a répondu de tout cela.

L’appel des Maliens en direction d’ATT pour plus de conditions de vies meilleures reste entier. Les exonérations sur le riz accordées à l’ensemble des commerçants sur une période de six mois (avril-septembre 2008) avec interdiction de reexporation et au prix de 310 F CFA le kg sont tout de même salutaires.

Le gouvernement vient ainsi de renoncer à 28 % de taxes sur le riz pour l’approvisionnement correct du marché national et éviter la hausse des prix pendant la période de soudure.

Les Maliens ne mangent pas que du riz. La viande, le lait la farine de blé, le sucre, entre autres, ne sont pas non plus à la portée de la majorité. L’électricité et l’eau, les médicaments grèvent la bourse des citoyens. La vigilance doit être de mise.

Abdrahamane Dicko

07 avril 2008.