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Le choix d’un gouvernement est toujours une opération
délicate. Il expose très souvent le premier
responsable d’un pays aux plus vives critiques par le
nombre d’insatisfaction et d’attentes déçues, à tort
ou à raison d’ailleurs.

Certaines de ces critiques
peuvent souvent se voir justifiées, surtout celles qui
portent sur l’inaptitude et l’incapacité de certains
des promus à réussir la si haute mission à eux
dévolue.

En la matière, dans l’histoire récente du
Mali, aucun gouvernement n’a soulevé, à sa
désignation, autant de tollés et de désapprobations
que celui qui vient d’être réaménagé.

On dénonçait
pêle-mêle le départ de certains partants qui n’avaient
guère démérité, la précipitation, le copinage en lieu
et place de la compétence, la légèreté qui ont prévalu
dans certains choix, l’immaturité, l’incompétence ou
même la moralité douteuse de certains rentrants.

Selon
nos sources, ATT a été prudent pour le réaménagement
technique intervenu hier. ll concerne deux
départements ministériels : Sports et Jeunesse ;
Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.
Pour ce qui concerne Madame MBodji Sène, elle change
tout simplement de portefeuille.

Il faut reconnaître que les appréhensions de
l’ensemble des Maliens se révèlent aujourd’hui bien
fondées pour certains et que l’opinion avait bien
raison pour une fois de s’alarmer outre mesure, et
qu’elle parvient de plus en plus à retenir son
impatience, et à appeler un changement rapide
d’attelage gouvernemental.

A deux ans de la fin de ce premier quinquennat et
malgré tous les artifices déployés pour glorifier le
3ème anniversaire, et même le résultat appréciable de
ce qui a pu être fait, aujourd’hui, le bilan de
l’action gouvernementale semble bien mitigé, et
l’opinion reste largement sur sa faim. L’impression du
“on pouvait mieux faire” domine tous les esprits.

On a
en face un Président qui semble déborder d’une énergie
gigantesque, et même d’un rythme que ne parvient pas à
suivre une équipe gouvernementale chancelante. On en
déduit que le Président est fortement handicapé par
ses propres choix et que s’il avait pu mieux choisir
ses hommes, le pays s’en serait nettement mieux porté.

Le réaménagement, terme prudent pour ne pas parler de
remaniement qui sonnerait et chaufferait les esprits,
est effectif depuis hier. Le Président, pour ne pas
tomber dans les mêmes erreurs que celles qui ont
prévalu dans son choix passé, a été cette fois
prudent.

Plusieurs critères sont entrés en ligne de compte
pour le choix des deux ministres, selon nos
informations. Ce d’autant que nous sommes à une époque
cruciale et que la crédibilité même du Président était
en jeu.

A travers ses choix, il aura prouvé qu’en homme
responsable, soucieux avant tout de l’intérêt général,
il peut rectifier le tir et se montrer plus regardant.

Notre pays regorge dans tous les domaines de cadres
rompus et qui ont fait souvent leurs preuves par leur
compétence, leur sens de responsabilité et leur
intégrité. Et ce sont justement de tels critères qui
ont prévalu au détriment des liens artificiels basés
sur la courtisanerie.

On a remarqué que les meilleurs
ont toujours une certaine retenue et que ce ne sont
pas malheureusement eux qui ont toujours l’occasion de
se mettre en avant et d’avoir l’occasion d’afficher au
chef, attachement et dévouement, qui ne sont pas
forcément synonymes de compétence ou même de loyauté.

On a vu d’ailleurs les conséquences désastreuses de
certains choix d’hommes et de femmes qui n’ont rien eu
à prouver pour justifier une nomination à un poste
aussi important et qui ne doivent leur place que sur
la base des relations factices.

Ce sont eux qui ont
eu, par leur inexpérience et leur arrogance, à
décapiter les ministères à eux confiés, à choisir sur
les critères de népotisme leurs collaborateurs au
détriment de l’expérience et de la compétence, et au
bout du compte, en paralyser le fonctionnement et se
condamner de la même manière à un échec cuisant.

C’est compte tenu de cette situation que le Président
a voulu éviter ces expériences douloureuses. ll s’est
s’attelé à dénicher de véritables meneurs d’hommes, et
pas des perdants, dont certains n’ont rien prouvé
encore moins à faire valoir ni dans le cadre de
l’action politique ni même professionnellement, et
n’ont d’ailleurs, pour la plupart, aucun répondant
social.

De tels hommes, qu’on ne compte d’ailleurs
pas, ne doivent leur ascension fulgurante qu’au fait
d’avoir, par opportunisme, placé leur attelage dans
l’équipe gagnante, celle bien entendu du Président
ATT. Ils ne se sont d’ailleurs fait remarquer, pour la
plupart, par aucune contribution appréciable à la
victoire de leur candidat.

Aujourd’hui, le pays a besoin de véritables battants
et il n’en manque pas fort heureusement. Restait au
Président ATT à qui il a accordé ses suffrages d’en
tirer le meilleur profit, d’en faire le meilleur usage
pour le bonheur des Maliens.

Nantié Pléah ancien gouverneur du District et Madame
Bah Aoua Kéïta ex-directrice de l’OMATHO
répondront-ils à ces profils ? En effet, à l’issue du
réaménagement d’hier, ces deux personnes ont fait leur
entrée dans le gouvernement.

Si M. Pléah a été nommé
ministre des Sports en remplacement de Moussa Balla
Diakité et Mme Bah Aoua Kéïta ministre de l’Emploi et
de la Formation Professionnelle, Madame M’Bodji Sène,
quant à elle, change simplement de département.
Elle
remplace au ministère de la Promotion de la Femme, de
l’Enfant et de la Famille Madame Berthé Aïssata
Bengaly qui quitte le gouvernement.

Rappelons que
M’Bodji Sène était précédemment ministre de l’Emploi
et de la Formation Professionnelle.

Issiaka SIDIBÉ et Hamet SISSOKO

21 juin 2005