Partager

Plusieurs mois auparavant de
nombreux pronostics avaient été faits, si bien qu’on
s’attendait plutôt à un remaniement ministériel qu’à
un réamenagement technique de l’équipe
gouvernementale. Il y a sans doute une grande
différence entre les deux changements.

POURQUOI UN REAMENAGEMENT ?

Le Président de la République avait déjà prévenu que
le remaniement ministériel n’était pas forcément la
solution. De là on pouvait déduire deux choses.

Premièrement, un changement de l’équipe
gouvernementale ne s’imposait pas. Deuxièmement, même
s’il devait y avoir changement, il allait être léger
d’où un réamenagement technique.

Le remaniement
ministériel avec des modifications notoires, plusieurs
rentrées et plusieurs sorties du gouvernement, tel
semblait être le voeu de nombre de Maliens. Une
modification d’une telle envergure serait la
confirmation que rien ne va plus, que l’équipe
gouvernementale passe à côté des missions essentielles
à elle confiées.

Telle n’est pas l’avis du président
de la République, encore moins celui du chef du
gouvernement qui estime d’ailleurs que de gros efforts
sont en cours pratiquement à tous les niveaux, mais
que les problèmes sont nombreux.

Selon lui, il n’y a pas de place au gouvernement
actuel pour les paresseux et les incompétents. Le
Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga que certains
donnaient partant, s’est réjoui, lors d’une rencontre
récente, des changements positifs qu’il est en train
d’insuffler aux membres de son équipe.

Lorsqu’on se
réfère à ses propos, on en déduit que les membres du
gouvernement sont au four et au moulin ces temps-ci,
en raison de la multiplication des facteurs qui
influent négativement sur la gestion des affaires
publiques. Il a surtout mis l’accent sur l’insécurité
alimentaire dont la gestion exige de la vigilance et
de l’assiduité.

Dans le contexte actuel, où la demande sociale
demeure importante malgré les efforts soutenus des
pouvoirs publics, au sein de l’opinion publique, on
croyait fermement que des changements en profondeur
allaient intervenir comme une alternative à tous les
problèmes existants.

Il n’est pas sûr que cette
approche était la meilleure car, dans les pays pauvres
comme le Mali, il se pose souvent plus des problèmes
de financement que de gestion même des ressources
financières ou des problèmes spécifiques.

Nous sommes surtout confrontés à des difficultés
socio-économiques aujourd’hui comme toujours. Les
méthodes appropriées et ces programmations ne
suffisent pas pour venir à bout de ces problèmes, il
faudra obtenir à tous les niveaux les ressources
financières nécessaires, car dans tous les domaines,
c’est le financement des investissements qui pose
problème.

Face à de telles réalités, le changement
d’hommes à la tête des départements n’est pas
effectivement toujours la solution.

DES PRONOSTICS DEJOUES

Par ailleurs nombreux étaient ceux qui s’attendaient
au départ de Mme Berthé Aïssata Bengaly du
gouvernement, mais celui du Ministre de la Jeunesse et
des Sports le Dr Moussa Balla Diakité, malgré les
problèmes auxquels son département est confronté ces
temps-ci, notamment la crise du football malien et les
actes de vandalisme du 27 mars, a surpris beaucoup de
gens.

En effet, l’ex ministre de la Jeunesse et des
Sports venait de s’expliquer à l’Assemblée nationale
devant les élus de la Nation par rapport aux problèmes
du football malien.

Auparavant, en d’autres circonstances, il avait
déclaré solennellement la guerre au président de la
Femafoot Tidiane Niambélé.

Or, de nombreux fans du
football malien pensent que la fédération a des
responsabilités dans la débâcle du football malien.
Ceux qui en voulaient beaucoup au ministre de la
Jeunesse et des Sports sont à présent satisfaits.

Mais espérons que son départ offre l’opportunité de
mieux gérer notre sport-roi pour le bonheur des
millions de fans. Le nouveau Ministre de la Jeunesse
et des Sports Natié Pléah n’aura donc pas la tâche
facile.

S’il parvient à tirer le football malien de
l’ornière, il se taillera ainsi une place de choix au
sein de l’équipe gouvernementale dirrigée par Ousmane
Issoufi Maîga.

Moussa SOW

22 juin 2005