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La sauvegarde des vertus de notre résistance à la crise, la méthode de gestion que doit être la conduite des hommes d’Etat, sont entre autres sujets abordés par des personnalités qui ont joué un rôle de premier plan dans la crise politique qu’à connu le Mali ces seize derniers mois. Réactions !

Imam Mahmoud Dicko, président du HCI : «Les institutions étaient tombés… mais le peuple malien a demeuré»
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Ce que j’ai retenu comme bon souvenir de la crise est que malgré toutes les épreuves, les maliens sont restés soudés. Nous n’avons jamais accepté d’aller vers l’irréparable. Je crois que c’est ce qui a été la force du Mali. Les institutions étaient tombés, l’Etat n’existait presque plus mais le peuple malien a demeuré. La communauté internationale est venue nous tendre la main mais elle nous a trouvé débout. Nous avons résisté.

Chaque fois que j’y pense, je remercie le bon Dieu. Je demande à ce que les valeurs qui ont permis à ce peuple de rester soudé soient préservées. Je suis à l’école de celui qui a eu les plus farouches détracteurs de ce monde : le prophète (PSL). Je ne peux pas être à son école et ne pas pardonner. Je pardonne à tout le monde et demande à Dieu de nous pardonner tous.

Tout le monde doit tirer les leçons du passé. Aujourd’hui, il ne s’agit pas vraiment d’accuser X ou Y ; il s’agit de revoir ce qui nous a poussé dans cette situation et de prendre des dispositions pour ne plus y tomber. C’est la grande leçon qu’il faut tirer.

Younouss Hamèye Dicko, président de la Copam, soutien du président IBK : «La Copam restera une force de veille par rapport à tout pouvoir qui se mettra en place au Mali» jpg_une-2079.jpg

L’élection de 2013 n’est que l’aboutissement des efforts que nous avons déployés pour obtenir des cartes NINA afin de parvenir à des élections crédibles. On a fait en sorte que le président élu puisse être de ce qu’on peut appeler le mouvement du changement. Nous avons tout mis en œuvre pour cela. Ça ne pouvait pas être autrement parce que le peuple malien a compris qu’on l’avait mené en bateau depuis longtemps : ses valeurs et sa dignité avaient été détruites. C’est pourquoi cette cérémonie d’investiture [d’IBK, Ndlr] est une occasion d’espoir pour nous. C’est un nouveau départ.

Certes, les précédents présidents ont tenu le même discours qu’il vient de prononcer mais pas dans les mêmes circonstances. Par ailleurs, les autres présidents ont été portés au pouvoir par la fraude. Celui là l’a été par le peuple. Les élections telles que nous les avons découvertes ici, à part celle de 1992, ont été frauduleuses.

Les mêmes méthodes ont été essayées pendant cette élection mais à chaque fois les auteurs ont été appréhendés. Avant, on trouvait des urnes placés dans des maisons à étage, l’administration faisait les élections. Cette fois-ci, c’est le peuple qui s’est levé pour dire : «Je veux ce président». Quelque soit les fraudes que les autres pouvaient faire, c’était une goutte d’eau dans le fleuve. Il a été plébiscité.

Les organisations nées de la révolte nationale qui a été concrétisée quelque part par le coup d’Etat – très peu militaire [du 22 mars] – sont des organisations démocratiques. Ce ne sont pas des organisations militaristes. Elles ont toujours à l’esprit que le pays doit être géré sur des bases démocratiques, honnêtes. La Copam a déjà fait le bilan de ce qui s’est passé et compte resté en veille par rapport à la gestion du pays. Nous ne laisserons plus la gestion du pays se faire n’importe comment, même si ce sont nous qui le gérons. Il faut le dire, le président de la République est issu des mouvements favorables au changement. Les organisations qui se battaient pour le changement ont voté pour lui. C’est un pouvoir du changement, c’est un pouvoir populaire.

Mais la Copam ne se dissoudra pas. Peut être qu’elle ne restera pas Copam telle qu’elle était il y a trois mois mais elle restera Copam en tant que force de veille par rapport à tout pouvoir qui va se mettre en place au Mali.

Jeamille Bittar, futur opposant : «Nous ne sommes pas des mécréants»
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Nous devons avancer main dans la main pour trouver les solutions aux problèmes. Il faut qu’on sorte de cette crise que nous n’avons pas souhaitée. Accompagné le président est du devoir et du ressort de tous les maliens que l’on soit dans l’un [Majorité présidentielle] ou dans l’autre [Opposition] camp. Nous voulons tous le bien de ce pays. Mais il faudrait, pour le bien de notre pays, une autre alternative, une alternative positive. On ne dit pas opposition pour s’opposer. Nous parlons d’une opposition constructive.

Le consensus malien d’antan a montré ses limites. Aujourd’hui, nous pensons qu’il est même du bien du fonctionnement de l’Etat qu’il y ait, de temps en temps, d’autres propositions qui ne viennent pas de la majorité. Nous serons dans cette perspective, s’il plait à Dieu. Mais, je le répète, accompagné l’Etat est une obligation pour tous les citoyens. Le pouvoir est un don de Dieu. Quand Dieu le donne à quelqu’un et que vous vous opposez, cela veut dire que vous être contre Dieu. Or, nous sommes des croyants et non des mécréants.

Propos recueillis par

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 6 Septembre 2013