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Un professeur du secondaire : «Quel sort sera réservé aux mercenaires ?»

Je dis sincèrement que je ne me reconnais plus dans le Mali actuel, dans son armée. Ce n’est pas pour contester l’action des militaires du CNRDRE. S’il est avéré que parmi ceux-ci combattaient des mercenaires, je me pose des questions. Qui les a recrutés ? Comment sont-ils entrés au Mali ? Il est nécessaire que toutes ces questions soient éclaircies afin d’informer le peuple. Au-delà de çà, quel sort sera réservé à ces gens dont la seule volonté était de mettre à genou la nation ? S’il ne tenait qu’à moi, ils n’iront pas en prison !

Mamita Diallo, vendeuse de légumes : «On est forcement inquiets»

Tout ce que je peux dire, c’est de demander plus de sagesse aux différents groupes qui se disputent le pouvoir. Nous, on ne peut rien dire à propos de ce conflit qui concerne les militaires. Ce qui est sûr, nous avons vaqué à nos occupations (à Baco Djicoroni) pendant ces trois jours sans problème. Mais quand nos enfants nous quittent pour se rendre en ville, nous restons sur le qui-vive. On est forcement inquiets.

Adama Sidibé, étudiant à l’université : «Notre avenir m’inquiète»

Ce qui m’inquiète aujourd’hui, c’est notre avenir. Ça fait 3 ans que je suis à l’université et je ne suis encore qu’en première année. Tout ça à cause des perturbations. Nous venons de sortir d’une année blanche tout dernièrement. Et maintenant que cette crise s’installe, nous nous demandons comment allons-nous nous en sortir. C’est nous qui serons les premières victimes. C’est pourquoi je dis aux autorités de penser à notre avenir.

Idrissa Traoré, fonctionnaire à la retraite : «Les militaires ont pour mission de protéger les citoyens mais pas de les terroriser»

Nous connaissons des moments de troubles. Ces troubles, je dirais qu’ils sont sans précédents dans l’histoire du Mali. Mais j’ai l’espoir que le pays se ressaisira un jour. Ce ne sera même plus pour longtemps. De 1960 à nos jours, le Mali a connu plusieurs crises mais à chaque fois, le pays a su se remettre sur pied. Peut-être que ce qu’il faudrait dire aux militaires, c’est que la ville n’est pas un lieu de combats. Ils ont pour mission de protéger les citoyens mais pas de les tuer ou les terroriser chez eux.

Propos recueillis par Seydou Coulibaly

03 Mai 2012

©AFRIBONE