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Suite à un article en date du 1 er juin 2007 intitulé « Lycée Nanaissa Santara La maîtresse du président de la République », un article qui s’est inspiré d’un sujet de composition donné à des élèves d’un lycée de Bamako par leur censeur et professeur de lettres, Seydina Oumar Diarra, journaliste a Info Matin, quotidien d’information du Mali est en prison depuis le 14 juin 2007.

Convoqué par la gendarmerie et conduit au parquet, Monsieur Mohamed Seydina Oumar Diarra subira plus de trois heures d’interrogatoire pour être placé par la suite sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako par le procureur Sombé Théra. Jusque là, on ne sait qui est derrière cette interpellation et que reproche t-on à cet article.

Ainsi donc, pour avoir écrit sur un sujet de dissertation ordinaire soumis comme premier choix sur deux, à des élèves lesquels étaient appelés à contracter le texte d’environ 1000 caractères ou 139 mots au quart de son volume réel avant de le commenter, un journaliste s’est trouvé embastillé. Et cela, juste une semaine après l’investiture de Mr Amadou Toumani Touré à la magistrature suprême.

Manifestement, il y a un usage pervers de la justice pour faire taire les voix libres et citoyennes.

Le Forum des responsables des Médias de l’Afrique de l’Ouest (FORMAO) qui regroupe seize Etats (Bénin, Burkina Faso, Cap vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo), ne peut rester indifférent devant cette grave atteinte à la liberté d’expression et de la presse.

Le FORMAO tout en rappelant que c’est au prix du sacrifice suprême que le peuple malien à conquis ses libertés individuelles et collectives, affirme sa solidarité avec le journaliste emprisonné, sa solidarité avec la presse malienne et les organisations professionnelles de médias.

Le FORMAO en solidarité agissante avec le quotidien Info Matin, l’Association des Editeurs de Presse, la Maison de la presse du Mali, l’Union Nationale des Journalistes du Mali (UNAJOM), l’Institut pour la Démocratie et l’Education aux Medias au Mali (IDEM) invite l’ensemble de la presse écrite indépendante du Mali à publier dès le lundi 18 juin 2007, selon leur périodicité respective l’article de Seydina Oumar Diarra ; l’ensemble des médias audiovisuel à reprendre sur leur antenne l’article incriminé.

Cette démarche participe de la sauvegarde de la liberté d’expression et de la presse et de la protection des journalistes dans l’exercice de leur profession dans le respect de l’éthique et de la déontologie professionnelle qui est la nôtre.

C’est au nom de ce combat pour la liberté, toutes les libertés que le FORMAO exige la libération immédiate de Seydina Oumar Diarra ; dénonce l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire qui a conduit à son incarcération, soutient toutes les initiatives dans le sens de la libération du journaliste, appelle les autorités maliennes à respecter les libertés et les droits fondamentaux au Mali en accord avec les pactes internationaux sur le respect des droits de l’homme ratifiés par le Mali.


Pour le Secrétariat exécutif

Cheriff M. Sy, Coordinateur, Secrétaire chargé des Stratégies & Développement économique des Médias


18 juin 2007.