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Fagaga profère des menaces et descend à Bamako

Le Recensement Administratif à Vocation d’Etat-Civil (RAVEC) fait des émules. L’opération a permis de révéler au grand public l’existence de citoyens trop cachés. C’est le cas d’Ibrahim Ag Bahanga, enrôlé il y a quelques semaines dans la commune rurale d’Intadjedit dans le Cercle de Tin Essako; du Lieutenant-Colonel Hassane Fagaga. Tous ont été recensés dans les profondeurs de l’Adrar des Ifoghas.

L’ancien chef-rebelle Ibrahim Ag Bahanga se cache-t-il, comme on le pense?Le torpilleur du processus de paix dans la région de Kidal et ses environs, est-il traqué par les forces armées et de sécurité du Mali pour les crimes qu’il a commis ? Rien ne semble l’indiquer. Celui qui a fait, pendant plusieurs mois, la navette entre la Libye, l’Algérie et les montagnes du Tigharghar, s’est fait enrôler, il y a quelques semaines, comme « citoyen malien » par les agents du RAVEC.

C’était dans sa commune d’origine d’Intadjedit, dans le Cercle de Tin Essako.L’éternel allié de Bahanga et non moins parent, Hassane Fagaga, s’est lui aussi fait enrôler dans les profondeurs de Kidal. Comment des gens qui se cachent peuvent-ils s’afficher ainsi au vu et au su de tout le monde ? C’est la preuve qu’ils sont libres comme des oiseaux et vaquent tranquillement à leurs occupations.

Hassane Fagaga, qu’on dit signataire d’une lettre de menaces dénonçant l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006, est à présent à Bamako, selon des sources proches du ministère de l’Administration territoriale. Il faut rappeler que dans sa récente correspondance, adressée au président de la République, le Lieutenant Colonel Fagaga disait : « Excellence Monsieur le Président, nous constatons que les populations qui subissent les pires humiliations sont pour la majorité de la communauté Ifogha. Ces actes, de notre point de vue, ont pour but de pousser ces derniers à réagir et à devenir, aux yeux des non avertis, les responsables d’une nouvelle insécurité dans la région ».

C’est après ces menaces, à peine voilées, que Fagaga descend à Bamako. Pour rencontrer le chef de l’État, exercer des pressions sur lui afin de repartir avec quelques espèces sonnantes et trébuchantes ? Des questions se posent, notamment sur le statut et la sécurité de ces deux supposés chefs de guerre, entre autres interrogations évidemment.

Bruno D SEGBEDJI

14 Juin 2010.