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La rareté des pluies donne des soucis aux paysans qui redoutent cette année une mauvaise saison pluvieuse. Daniel Siméon Kéléma, le directeur national de l’agriculture, ne voit, lui, aucun problème. Au contraire, selon les prévisions hydrauliques, la saison 2013-2014 va de normale à excédentaire.

Les agriculteurs et les citoyens maliens sont inquiets. L’hivernage s’est installé tardivement et les pluies se font de plus en plus rares. Conséquences : les premiers semis au stade de germination montaison dans certaines zones agricoles du pays commencent à sécher.

A la direction nationale de l’agriculture, on indique que la campagne agricole a commencé au Mali depuis le 15 mai 2013 sur toute l’étendue du territoire national. La pluviométrie est jugée bien repartie dans le temps et dans l’espace. Le bulletin agricole et météorologique diffusé dans les Etats du Sahel par le Comité inter Etat de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) avait bien prévu un léger décalage de la saison des pluies faisant état d’une année normale à excédentaire.

Daniel S. Kéléma, le directeur national de l’agriculture constate néanmoins un léger retard comparativement à l’année dernière. Le mois de juin a vu la culture des premiers semis de coton et de maïs affectés par le manque d’eau. Une situation que le Mali n’avait pas connue au cours de la campagne agricole 2012-2013 à la même date.

Pour M. Kéléma, selon le plan de la campagne agricole 2013-2014, les semis sont possibles jusqu’au 15 juillet 2013. Mais il ajoute que ces semis dépendent des variétés de cultures utilisées selon qu’elles soient de cycle court ou long.

« Pour les variétés à cycle court, les semis sont possibles jusqu’au 15 juillet prochain dans la partie sud du pays. Mais c’est à partir du 15 juillet que l’hivernage commence à s’installer dans la bande sahélienne du pays (Yélimané, Diéma, Nioro, Nara, Mopti, etc) jusqu’au Nord. Il n’y a pas d’inquiétude à ce niveau », détaille le directeur national de l’agriculture.

Le Sud en retard

Selon le constat de M. Kéléma, le Sud du pays est en retard dans la saison agricole en comparaison à l’hivernage 2012 et aux autres années. Mais il ajoute que nous sommes dans la même fourchette. Le plus difficile, à ses dires, n’est pas le démarrage tardif de la campagne, mais la fin de la saison des pluies. « En 2012, le Mali a reçu de la pluie jusqu’au 13 novembre. L’année d’avant, la pluie s’est arrêtée vers le 10 septembre. Le plus important est d’avoir la pluie jusqu’en octobre début novembre », explique-t-il.

La mauvaise répartition des pluies dans l’espace et dans le temps a joué sur le coton et le maïs. Dans certaines régions du Sud, des paysans seront obligés de semer de nouveau leurs céréales.

A la direction nationale de l’agriculture, la sérénité y est quant à une bonne saison pluvieuse. Mais à cause des changements climatiques, la certitude n’est pas totale, car même les spécialistes des questions météorologiques et hydrauliques ne cernent pas toutes les données et certaines prévisions peuvent s’avérer fausses.

« En 2012, des paysans ont semé du coton depuis le mois de mai et les rendements ont été grands. Le problème du coton est que le manque et l’abondance d’eau peuvent avoir des conséquences graves sur le rendement », relève M. Kéléma.

L’opération-pluie provoquée est au stade de discussions dans sa nouvelle phase, la première étant terminée. Le Mali n’en a pas fait recours au cours de la campagne précédente où les précipitations ont été abondantes. « Il est toujours bon d’y recourir pour faire face au déficit pluviométrique par endroits », souligne le DNA.

Selon les prévisions de la direction nationale de l’agriculture, le Mali est à 7,9 millions de tonnes, toutes spéculations confondues, dont 522 000 tonnes de coton pour la campagne 2013-2014. Des dispositions sont prises pour la subvention de 341 319 tonnes et 300 tonnes de semences (maïs hybride qui fait 12 t/ha) à concurrence de 35 milliards de F CFA. Les subventions sont faites à 50 %. Les engrains subventionnés sont destinés à 205 749 producteurs dont 25 170 femmes.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 27 Juin 2013